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Vaincre le paludisme en 2030: pourquoi seul l’engagement politique du président Roch ne suffit pas?

Le 25 avril est la Journée mondiale de lutte contre le paludisme. Ce fléau est la première cause de décès des enfants de moins de 5 ans au Burkina. Mais ces dernières années, la mortalité toutes causes confondues chez ces cibles a été réduite de 56% en raison de l’investissement collectif et de l’action du gouvernement, des communautés, des donateurs et des partenaires. Cette année, les autorités du pays, en l’occurrence le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré et le gouvernement célèbrent ce succès remarquable tout en réaffirmant leur engagement politique à enrayer la malaria d’ici 2030 conformément aux objectifs de l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Un engagement qui restera improductif sans les efforts conjugués de tous et de chacun.

Tous pour l’éradication du Paludisme d’ici à 2030. Outre les autorités, chaque Burkinabè devra s’engager dans cette noble lutte par un véritable changement de comportements

Le paludisme est une maladie infectieuse due à un parasite du genre Plasmodium, propagée par la piqûre de certaines espèces de moustiques anophèles. Les manifestations cliniques du paludisme sont très diverses (fièvre accompagnée ou non de maux de tête, douleurs musculaires, affaiblissement ou fatigue générale, vomissements, diarrhées, de toux, etc.). Selon l’OMS, cette maladie cause quelque un million de victimes par an dans le monde.

Pour faire face à la maladie, le Burkina Faso, à l’instar des pays africains, a mis un accent particulier sur la prévention. Ainsi depuis 2010, en plus de l’amélioration de la prise en charge dans les formations sanitaires, des campagnes de distribution universelle de moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (MILDA) sont réalisées tous les trois (03) ans. Cette utilisation massive de MILDA est combinée à d’autres d’interventions, au nombre desquelles le traitement préventif chez la femme enceinte, la pulvérisation intra-domiciliaire dans des zones ciblées, la chimio-prévention du paludisme saisonnier chez les enfants de 3 à 59 mois, entre autres.

Malgré les efforts enregistrés, la lutte contre le paludisme dans notre pays est loin d’être terminée

Malgré les efforts déployés et les résultats encourageants enregistrés, la lutte contre le paludisme dans notre pays est loin d’être terminée. Cette infection demeure la première cause de mortalité et de morbidité chez les personnes sensibles que sont les femmes enceintes, les enfants de moins de cinq ans et les personnes âgées. En plus, chaque année, l’on enregistre des millions de franc CFA en perte de productivité à cause du paludisme: les personnes infectées et même affectées ne vont pas travailler, elles ne sont pas actives économiquement, ce qui engendre des coûts directs.

C’est la raison pour laquelle le président Roch veut en faire une priorité. Lui et le gouvernement veulent en  finir avec le paludisme. Certes, il faut une volonté politique au plus haut niveau avec les chefs d’Etat et les ministres, parce qu’au finish, ce sont eux qui décident combien ils vont investir dans la lutte. Mais dans le cas des maladies infectieuses comme le paludisme, c’est toujours la gestion sociale qui prime, ce n’est pas la gestion médicale au sens strict. Ainsi, au-delà des investissements financiers des partenaires et de la volonté politique des autorités, chaque Burkinabè devra s’engager résolument à changement de comportements.

Des moustiquaires mal entretenues

L’Etat burkinabè a déjà tenu deux grandes campagnes nationales de distribution de moustiquaires imprégnées, l’arme numéro un contre le paludisme. La durée de vie de ces moustiquaires est en moyenne trois ans. Mais du fait de leur gratuité, les populations ne font pas toujours d’efforts pour un meilleur entretien des moustiquaires reçues. Certains l’utilisent pour faire la pêche ou refusent d’y dormir toutes les nuits.

Si le meilleur moyen de lutter contre le paludisme reste la prévention, les Burkinabè doivent encore faire des efforts dans la gestion des caniveaux et des eaux stagnantes, lieux privilégiés de reproduction des moustiques. Ces réflexes sont nécessaires pour faire baisser le nombre de cas de paludisme. Toute chose qui n’est pas de la responsabilité du président. Mais de chaque Burkinabè.

Un autre problème concerne les médicaments vendus dans la rue: ils sont de mauvaise qualité. Mais des Burkinabè continuent n’en acheter. Pour vaincre le paludisme, les autorités doivent être plus vigilantes à ce niveau.

Le thème de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme est «Prêts à vaincre le paludisme». Pour réussir ce pari, la gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes instaurée par le gouvernement le 2 avril 2016 doit être effective. Les ruptures de médicaments ou le retard dans la prise en charge des cas graves pourrait constituer un véritable frein. Il s’avère donc nécessaire que les acteurs de la santé et du monde communautaire travaillent de concert, main dans la main pour engranger de bons résultats.

Outre donc le besoin financier ou la volonté la politique, la lutte contre le paludisme est un défi majeur à relever ensemble. Comme une Courroie de transmission, il suffit qu’un maillon soit défaillant pour compromettre la bonne marche de la lutte. Nous sommes donc tous interpellés.

Théophile MONE

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