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Vente illicite de carburant: un mal nécessaire pour la population?

La vente de carburant aux abords des routes est une situation embarrassante. Elle a de nombreux inconvénients mais reste une nécessité aujourd’hui, au regard des problèmes de tous ordres que rencontrent les Burkinabè. Nous avons fait le constat en parcourant quelques artères de la ville de Pô.

Une vente illégale d’essence

La province du Nahouri est frontalière avec le Ghana, un pays côtier producteur et exportateur de pétrole. Chaque jour, de nombreuses citernes transportent le carburant des ports de ce pays vers le Burkina en traversant particulièrement la ville de Pô. Ce carburant qui va à Ouagadougou la capitale, est traité par la SONABHY avant de revenir à Pô pour être vendu plus cher.

A moins de 18 km, les jeunes de l’autre côté de la frontière préfèrent en payer moins cher. Selon quelques vendeurs que nous avons interrogés, de multiples raisons les poussent dans ce commerce. Il s’agit du manque d’emplois, de la pauvreté, de la cherté du carburant venant de Ouagadougou. Pourtant, ce commerce a de nombreuses conséquences notamment les incendies qui peuvent subvenir lors d’un mauvais conditionnement de carburant. Nous avons en mémoire l’incendie du marché de Koupèla l’année dernière qui avait fait de nombreux dégâts.

La seule station règlementaire à Pô

Une loi existe dans ce sens mais son application s’avère difficile car l’Etat ne peut pas trouver du travail pour les millions de Burkinabè, diplômés comme non-diplômés qui ne travaillent que durant les quelques mois de saison pluvieuse. Une équation difficile à résoudre, au regard de la multiplication de la vente illégale du carburant dans des bouteilles et des fûts sur toute l’étendue du territoire. Nous nous sommes amusé à les compter sur la RN5. Ainsi, sur une distance d’un kilomètre et demie nous avons dénombré 33 stations mobiles. De nombreuses bouteilles, des bidons contenant de l’essence sont exposés au soleil. Le comble de la situation de Pô est que la ville ne dispose que d’une seule station avec seulement deux pompes. C’est un vrai casse-tête pour les autorités qui doivent trouver une solution urgente à ce dilemme.

Jean AOUE

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