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Verdict dans le dossier d’Eddie Komboïgo: signal fort donné à la réconciliation ou expression d’une justice indépendante?

Dans notre démocratie la Justice est vouée à demeurer sur les plans politique, judiciaire et médiatique un sujet permanent de préoccupation. Adulée, vilipendée, accusée à tort ou à raison, elle est au cœur des débats. Le non-lieu récemment prononcé par le juge d’instruction en charge de l’enquête sur le coup d’Etat manqué de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle en faveur du président du CDP, Eddie Komboïgo, laisse des citoyens pantois, en même temps qu’il démontre que la Justice burkinabè est indépendante.

Le juge d’instruction a blanchi l’actuel président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Eddie Komboïgo, dans le dossier du coup d’Etat. Signe que la justice n’est pas aux ordres

Dans son ordonnance de règlement rendue le 24 juillet 2017 dans l’enquête sur le coup d’État déjoué du général Gilbert Diendéré en septembre 2015, le juge d’instruction a blanchi l’actuel président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Eddie Komboïgo, qui avait été inculpé puis écroué pour son implication présumée.

Il n’en faillait pas plus pour que des Burkinabè s’étonnent et spéculent sur cette décision de justice. Pourtant, l’on ne peut pas réclamer à cor et à cri l’indépendance de la justice et s’attendre à ce qu’elle rende justice selon notre bon vouloir.

Par ailleurs, il faut se dire que ce verdict fort inattendu peut être aussi un message très fort envoyé par la Justice à tous ceux qui plaident pour la réconciliation des filles et fils de ce pays. Ce qui ne qui veut pas dire que la justice a sacrifié la vérité au profit de la réconciliation nationale. Mais la décision indépendante qu’elle a prise peut permettre d’amorcer sereinement le difficile virage du pardon et de la réconciliation. Tombant à point nommé, cette décision peut être mise à profit pour faire davantage la paix.

En tout état de cause, ce verdict peut être interprété comme l’existence d’une réelle séparation des pouvoirs et une liberté d’exercice du métier sous la présidence de Roch. Un désaveu pour ceux qui ont toujours avancé que la Justice était aux ordres.

Théophile MONE

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