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La vérité sur l’envolée des prix du carburant

Au Conseil des ministres du jeudi 8 novembre 2018, le gouvernement a pris la décision d’augmenter le prix du carburant à la pompe. En effet, l’essence (super) et le gasoil connaissent depuis le vendredi 9 novembre 2018, une hausse effective de 75 F CFA sur le prix du litre. Selon les autorités, cette hausse vise à «soutenir l’effort de guerre» et à «apurer la dette de la SONABHY». Mais ce ne sont pas les seules raisons.

Depuis le 9 novembre, les consommateurs sentent l’impact de l’augmentation des carburants sur leur pouvoir d’achat.

Ras-le-bol, colère et grogne sont les sentiments des consommateurs au lendemain de l’envolée des prix du carburant. Les populations pointent du doigt l’exécutif puisque les explications du gouvernement disent plus la destination des sommes qui seront issues de l’augmentation que les vraies raisons de celle-ci. En réalité, une bonne partie de la hausse du prix des carburants est imputable à la flambée du baril de pétrole sur le marché international. Le prix baril de Brent (le pétrole de mer du Nord que l’on retrouve à la pompe), a grimpé de 15% depuis janvier 2018. Concrètement, le pétrole est à son plus haut niveau depuis quatre ans.

Cette hausse continue est due au contexte international. La suroffre de pétrole ayant entraîné une baisse drastique du cours de l’or noir en 2014-2015, les pays producteurs, réunis au sein de l’OPEP, ainsi que la Russie, se sont entendus pour réduire leur production et ainsi faire remonter les prix à partir de 2016. Résultat, le baril est devenu de plus en plus coûteux, avec les conséquences que l’on connaît sur les prix à la pompe.

Et ce n’est pas fini. Les sanctions imposées par les États-Unis à l’Iran après le retrait de l’accord sur le nucléaire et, plus récemment, les tensions apparues entre l’Occident et l’Arabie Saoudite à la suite de l’affaire Khashoggi devraient continuer à faire grimper le prix du baril.

Automobilistes et consommateurs sont mécontents parce qu’ils voient directement la répercussion de cette augmentation sur leur portefeuille. En effet, la hausse de l’essence et la hausse du diesel sont importantes et la durée reste inconnue. Il est évident que cela ampute le pouvoir d’achat. Il faut donc comprendre le mécontentement des gens et leur dire la vérité.

Une bonne partie de la hausse du prix des carburants est imputable à la flambée du baril de pétrole sur le marché international

Conséquemment, ce sacré trou dans le budget va limiter les déglacements des uns et des autres et les obliger à optimiser au maximum leur véhicule ou leur moto. Par ailleurs, il faut s’attendre à une augmentation des tarifs des compagnies de transports.

Dans des situations aussi difficiles pour les consommateurs qui tirent déjà le diable par la queue, si des explications en amont et en aval ne sont pas suffisamment données par le gouvernement pour prouver comment des efforts sont consentis pour que la différence entre le prix réel et le prix appliqué à la pompe soit équilibrée, les gens se sentiront lésés par l’Etat.

Quoiqu’on dise, les Burkinabè s’attendent à ce que l’Etat (protecteur) amoindrisse l’impact de ces augmentations sur le consommateur en appliquant le lissage des prix. Malheureusement, la plupart des explications étant venues après la prise de décision, les consommateurs pensent avoir été piégés et mis devant le fait accompli. C’est pourquoi «il faut toujours prévenir que guérir». Puisque même si «la vérité fait mal aux yeux, elle ne les crève pas», dit l’adage.

Théophile MONE

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