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Vie de couple: Jean Bosco Kaboré explique les raisons du taux élevé de divorce

Le mariage c’est le lieu de la première socialisation. Il est donc sacré. Si dans le temps ce côté sacré était maintenu, force est de constater que de nos jours, le taux de divorce a atteint une proportion inquiétante. Selon une source judiciaire, plus d’une centaine de demande de divorce sont enregistrées par an au Tribunal de grande instance de Ouagadougou. Qu’est-ce qui explique cela ? Pourquoi de nos jours, les couples n’arrivent plus à se comprendre ? Le conseiller conjugal et psychologue Jean Bosco Kaboré tente d’apporter des éléments de réponse.

Les Echos du Faso (LEF) : Aujourd’hui, le taux de divorce a atteint une proportion importante ? Qu’est ce qui explique cela ?

Jean Bosco Kaboré

Jean Bosco Kaboré (JBK) : Avant, le mariage était géré par la grande famille. C’était une conception culturelle, traditionnelle et religieuse et il était symbolisé par des  pactes et des alliances entre tribus, villages. Il était donc géré par l’institution traditionnelle, culturelle et religieuse. De ces conceptions, naquit une autre conception qui est celle moderne où les parents ne contrôlent plus rien. Les jeunes se rencontrent dans une autre philosophie de vie, contractent une relation et s’unissent par la suite.

Ce qui explique que de nos jours, le taux de divorce ait atteint une proportion épidermique. Trois raisons peuvent expliquer cela. D’abord l’immaturité. Les jeunes commencent une relation sans atteindre leur plein développement sur le plan psychologique, moral, affectif, spirituel. Il y a aussi l’ignorance car ils ignorent les vrais repères basiques et fondamentaux.

A cela, s’ajoute l’inconscience. Ils sont inconscients face à la valeur sacrée du mariage, ils vivent de l’euphorie, de la sensation. Aujourd’hui, quand ils se rencontrent, c’est comme si on fait sortir la glace du frigo. Après deux heures, quand on revient on trouve de l’eau, donc ils sont perdus. C’est juste une relation de moi et non une relation de nous. Une des causes aussi du divorce, c’est le fait que les jeunes ne se marient plus pour devenir heureux, mais parce qu’ils sont heureux pour rendre heureux. Et les 88% des couples que j’accompagne se marient pour devenir heureux, pour se nourrir des qualités de l’autre. Ils se marient pour être récompensés, n’ont pas la joie de donner du temps à l’autre, de l’assister.

LEF : Quels sont les signes qui montrent qu’on est prêt pour le mariage ?

JBK : Il y a des indicateurs. D’abord il y a la simplicité de la relation. Dans cette simplicité, les deux personnes ont appris à se respecter, à accepter l’état psychologique de l’autre, savoir que l’homme ne raisonne pas comme une femme et vice-versa. Beaucoup sont maris et femmes et ne deviennent pas époux et épouses. Ils entretiennent une relation possessive, captative, de conflit, de méfiance, de doute, de jugement. C’est comme un couple administratif. Ils sont là pour gérer les tâches, les rôles. Il y a l’absence de la tendresse et si on ne devient pas époux et épouse, on reste père et père, on ne devient pas papa et maman. C’est  ce que nous installons dans notre relation qui va commanditer notre vie et la vie de nos enfants.

Pour se marier, il faut d’abord dessiner la maquette de votre vie. La maquette est composée de plusieurs dimensions : la dimension de l’amitié, la dimension affective, sexuelle, la vie professionnelle, la vie financière, la  vie spirituelle, la vie en société et comment éduquer nos enfants. Comment nous allons arriver à télécharger des vertus, des qualités, le désir et la volonté pour répondre aux besoins de cette maquette.

Madina Belemviré

 

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