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Viols des mineurs: «Les violeurs sont des sadiques qui considèrent leurs victimes comme des fruits à consommer», selon jean Bosco Kaboré

Le viol est l’acte par lequel une personne est contrainte à un acte sexuel. Au Burkina Faso, le viol des mineurs a pris de l’ampleur ces dernières années. Pour prévenir ce phénomène et permettre aux victimes de retrouver une vie normale après cet acte ignoble, le ministère de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille a mis en place un protocole de prise en charge.

Jean Bosco Kaboré

Des parents qui violent leurs filles mineures, des femmes qui entretiennent des relations sexuelles avec leurs ados, des personnes âgées qui violent des fillettes, des frères qui violent leurs sœurs, les personnes d’origine étrangères qui violent des jeunes garçons ou filles mineurs. On en rencontre partout au Burkina, en ville comme dans les villages. Pour l’année 2016, le ministère de la Femme a enregistré 35 cas de viol de mineurs.

Selon le psychologue Jean Bosco Kaboré, les violeurs sont des personnes qui sont généralement restées suspendues à un blocage psychologique. Pour eux, le «mineur est un produit de consommation et symbolise un fruit qu’ils veulent savourer et c’est après l’acte que certains regrettent». Et plus ils en consomment, plus ils prennent goût. «Ils sont malades moralement. On peut les classer parmi les sadiques, car ils tirent souvent leur plaisir dans la souffrance de la victime», a noté Jean Bosco Kaboré qui a précisé qu’il est difficile de les identifier parce qu’ils portent beaucoup de casquettes.Toute chose qui peut entrainer, entre autres, chez la victime, un blocage psychologique, le rejet du sexe opposé et le dégoût de son corps.

Pour permettre à ces mineurs victimes de violences sexuelles de retrouver une vie normale, le ministère de la Solidarité nationale a mis en place un protocole de prise en charge des enfants victimes de viol. Ce protocole, explique la directrice provinciale de la Femme, de la Solidarité nationale et de la Famille du Kadiogo, Maïmouna Traoré Zoma, commande que tout enfant victime de violences soit vu par un gynécologue qui va confirmer qu’il y a eu viol et vérifier s’il y a des réparations à faire. Ensuite, il faut évaluer la situation pour voir s’il y aura de conséquences à court et long terme, faire le dépistage du VIH-Sida, de l’hépatite B et le test de grossesse. «Ça se fait sur un long terme, au bout du temps T, ensuite sur trois mois, puis 6 mois. Après l’enfant est confié à un psychologue pour la prise en charge», a indiqué Mme Traoré.

Après cette étape, poursuit-elle, «nous repartons au niveau de la famille pour voir si le cadre est propice. Si ce n’est pas le cas, l’enfant est soutiré pour être envoyé dans une structure ou famille d’accueil de bonne moralité en attendant de trouver d’autres solutions. Si cette situation a porté atteinte à sa scolarité, nous faisons tout pour que l’enfant puisse poursuivre ses études».

Il faut souligner que la plupart des viols sont commis par des personnes qui connaissent bien la famille de la victime à entendre Mme Traoré. Pour donc éviter ce genre de situation désobligeante, Maïmouna Traoré a souligné l’importance de ne pas confier ses enfants à n’importe qui.

Dans cette même veine, il faut noter que le ministère de la Solidarité nationale fait déjà un travail sur le terrain à travers des sensibilisations sur les violences sexuelles, dans les établissements et des émissions radiophoniques, pour alerter l’opinion sur la nécessité d’être plus regardant sur le sujet. Mais cela n’est pas suffisant car pour gagner ce combat, il faut que les parents s’impliquent.

De nos jours, nombreux sont les parents qui ont du mal à parler de sexualité avec leurs enfants. Or, avec l’évolution des TIC, les enfants sont agressés de partout, à la télé, sur le Net, entre eux… Il est donc incontournable d’échanger avec eux sur la sexualité afin de développer leur auto protection. Plus ils sont informés, plus ils seront aux aguets et refuseront certaines choses.

Madina Belemviré

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