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Vive réaction de l’opposition suite à l’adoption de la loi portant modification du code électoral

Au siège de l’opposition politique à Ouagadougou, l’opposition a de vive voix dénoncé ce qu’il estime être un passage en force de la majorité par rapport à l’adoption du projet de loi portant modification de la loi 014-2001-AN du 03 juillet 2001 portant code électoral. «C’est suite à ce qui s’est passé à l’Assemblée nationale que nous avons souhaité vous rencontrer», c’est en ces termes que Zéphirin Diabré Chef de fil de l’opposition a entamé ce 31 août la presse de presse. Avec des représentants des groupes parlementaires UPC, CDP et PJRN au présidium, l’opposition a dénoncé le caractère non consensuel de cette loi, son caractère discriminatoire et dit craindre une volonté manifeste du pouvoir en place d’organiser des élections non crédible.

Le présidium lors de la conférence de presse

«Nous avons constaté un faisceau d’indices graves et concordants qui concourent à un contrôle des élections», a dit le député Nombré Kassoum du groupe parlementaire CDP, parlant de celles de 2020. Il a renchéri ses propos en expliquent haut et fort que du PPP (loi portant Partenariat-Public-Privé) jusqu’à la loi modificative du code électoral en passant par la nomination du Haut-représentant du président du Faso, tout est mis en œuvre pour contrôler les élections de 2020.

Des représentants de partis politiques

La stratégie selon lui est d’amasser des fortunes dans la passation des marchés afin de constituer un fonds pour battre campagne en 2020. En ce qui concerne le code électoral, c’est le choix des documents autorisant les Burkinabè de l’extérieur à voter qui cause problème au niveau de l’opposition. En effet le nouveau code électoral stipule que seuls les Burkinabè de l’extérieur possédant la Carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) et le passeport seront habilités à voter aux élections de 2020.

Députés présents à la conférence de presse

La carte consulaire qu’elle soit biométrique ou pas ne sera pas autorisée. En plus de cela les votes pour les Burkinabè de l’extérieur s’effectueront uniquement dans les différentes représentations diplomatiques et Consules honoraires du Burkina à l’extérieur. Et c’est tout cela qui passe mal au niveau de l’opposition.

Pour ses membres, la carte consulaire tient lieu de document d’identification du Burkinabè vivant à l’extérieur. Ils prennent d’ailleurs pour exemple la non validité de la CNIB à l’extérieur du Burkina. «Si la police en Côte-d’Ivoire arrête un Burkinabè pour l’identifier, il ne présentera la CNIB mais plutôt la carte consulaire qui tient lieu de document d’identification», a ajoute François Zima, président du groupe parlementaire PJRN. Pour Me Gilbert Ouédraogo il est très difficile pour les Burkinabè de l’extérieur d’avoir la carte consulaire du fait des lourdeurs administratives. Pour lui en effet, d’ici 2020, même si le gouvernement le voulait, il serait très difficile voire impossible de tirer plus d’un million de CNIB aux Burkinabè de l’extérieur déjà qu’à l’interne tous les Burkinabè n’en disposent pas.

Les participants à la conférence de presse

Pour ce qui est du lieu des votes, uniquement prévu dans les représentations diplomatiques et Consuls honoraires du Burkina, l’opposition y voit une manière d’étouffer des voix et de contrôler les élections. Certains membres de l’opposition se sont même amusés à calculer le temps que mettront les Burkinabè de l’extérieur pour aller voter dans les Consulats. «Par exemple si nous avons 25000 inscrits dans un consulat et si chaque votant prend 3 minutes pour voter, le vote prendre au minimum 3 jours si chacun doit voter. Et vu que les bureaux de vote s’ouvrent à 6h pour se refermer à 18h30, vous imaginez bien la difficulté».

Pour ce faire, l’opposition juge le nouveau code électoral inconstitutionnel et pour cause, la Constitution garantie à tout Burkinabè sans distinction aucune d’être éligible et de voter. Aussi l’opposition à hausser le ton: «nous avons fait preuve de patience pour préserver la paix et le consensus jusqu’à présent!» Sans toutefois dévoiler une quelconque stratégie, l’opposition promet d’agir et de faire obstacle à ce qu’elle qualifie de forcing du pouvoir en place.

Hamadou Ouédraogo, stagiaire

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