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Vote des Burkinabè de l’étranger: la CNIB et le passeport sont les seuls documents de votation

La représentation nationale a voté à la majorité le projet de loi relatif à la modification de la loi N°014-2001/AN du 3 juillet 2001 portant code électoral. Sur les 123 présents, 83 ont donné leur quitus pour l’adoption de cette loi. L’opposition politique a décidé cette fois-ci de prendre part aux débats mais a refusé de participer au vote.

La représentation nationale a voté à la majorité le projet de loi relatif à la modification de la loi portant code électoral

Les Burkinabè de l’extérieur ne pourront pas voter en 2020 avec la carte consulaire. Les documents de votation retenus sont la Carte d’identité nationale burkinabè et le passeport.

Pour le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Siméon Sawadogo, la carte consulaire est un document d’identification et non une carte nationale d’identité burkinabè (CNIB). «La preuve de la nationalité se trouve dans les documents de votation à savoir la CNIB et le passeport. Nous ne pouvons pas aller aux élections, pour le vote au niveau national du président du Faso sans nous assurer que ce soit les Burkinabè qui vont voter», a-t-il dit.

Aussi, poursuit-il, la carte consulaire biométrique n’existe pour le moment qu’en Côte d’Ivoire et au Gabon. Pourtant, fait-il remarquer, ce projet de loi dispose pour le général et pas pour le particulier. «Nous ne disposons pas pour un pays spécialement mais pour tous les pays où il y a des Burkinabè. Beaucoup de gens ont tendance à parler uniquement de la Côte d’Ivoire alors que nous avons des Burkinabè en France, au Canada, au Gabon…», a-t-il relevé

Selon la CENI, la Commission électorale nationale indépendante, en Côte d’ivoire, 980 000 Burkinabè sont détenteurs de la carte consulaire. Parmi eux, au moins 300 000 ont fait leur carte avec leur CNIB, 100 000 avec le passeport, 300 000 avec leur acte de naissance burkinabè. Pourtant, la projection de la CENI pour l’ensemble des Burkinabè de l’extérieur qui sont susceptibles de voter est estimé à deux millions 700 dont un million 700 se trouvent en Côte d’Ivoire.

Les membres du gouvernement présents lors du vote

«Si nous enlevons les 980 000 détenteurs de la carte consulaire aux 1 million 700 000 Burkinabè en Côte d’Ivoire, il y a une proportion importante de Burkinabè dont la situation n’est pas clarifiée. Qu’est-ce qu’on fait de ces gens?», s’est interrogé la Commission des affaires générales institutionnelles et des droits humains, (CAGIDH).

Mais pour l’opposition politique qui a opté cette fois-ci de prendre part aux débats et non au vote, ceci constitue un recul pour la démocratie. «Nous refusons d’être complices ou comptables de telle forfaiture», a tangué le député Moussa Zerbo.

Selon lui, l’ancien code prévoyait trois documents que sont la CNIB, le passeport et la carte consulaire. «Nous avons été surpris du retrait unilatéral du gouvernement de la carte consulaire qui est une pièce utilisée par nos compatriotes de l’étranger soit disant qu’elle n’est pas fiable», a souligné Moussa Zerbo.

«Nous n’adhérons pas à l’idée de vouloir opposer le gouvernement à nos compatriotes à l’étranger», a déclaré Siméon Sawadogo qui dit ne pas comprendre également l’insistance de l’opposition à vouloir obliger le gouvernement à prendre les cartes consulaires. «Cette insistance est un peu suspicieuse», a-t-il dit, tout en rassurant que le gouvernement prendra des dispositions nécessaires avec la CENI et l’ONI pour que les compatriotes de l’étranger puissent avoir les documents de votation. «Je ne peux pas accepter qu’à l’heure actuelle, on pense que les Burkinabè à l’intérieur ne vous aiment pas. Vos parents, frères qui sont au Burkina vous aiment, à commencer par le président Kaboré. On ne fait pas de l’exclusion, mais nous devons faire en sorte que les élections soient transparentes», a-t-il assuré.

Il faut noter que le Burkina Faso dispose de 36 ambassades dans le monde et 12 consulats généraux. Dans le cadre de ce projet de loi, les ambassades et consulats généraux seront retenus comme lieux de votation. Toute chose qui n’a pas reçu l’assentiment de l’opposition politique qui craint que la distance des lieux de vote entraine une faible participation des compatriotes.

Madina Belemviré

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