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Vote des Burkinabè de l’extérieur en 2020: Vienne accueille une mission de la CENI

Partager avec les Burkinabè de l’extérieur les dispositions du Code électoral, adopté le 30 juillet 2018, relatives aux conditions de leur participation à l’élection présidentielle de 2020 et échanger autour de leurs préoccupations. Tel est l’objectif principal du séjour d’une délégation de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), du 4 au 7 décembre 2018, dans la capitale autrichienne. La mission est conduite par le Commissaire Benoît Ilboudo qui avait à ses côtés Rasmané Savadogo et Sabine Tanni, respectivement Directeur de l’Administration et des Finances, et Cadre d’appui. La rencontre, qui a regroupé des compatriotes vivant à Vienne et venus de villes voisines, s’est déroulée le mercredi soir au siège de l’Association des Ressortissants du Burkina Faso en Autriche (ARBA).

Le directoire lors des échanges avec les Burkinabè d’Autriche

A l’instar des autres équipes de la Commission électorale nationale indépendante déployées dans les différentes représentations diplomatiques et consulaires du Burkina Faso à l’étranger, celle chargée de l’axe Genève-Vienne et Berlin est venue à la rencontre des Burkinabè d’Autriche. C’est l’Ambassadeur Dieudonné Kéré qui a introduit les missionnaires après leur avoir souhaité la bienvenue et un bon séjour dans la juridiction dont il a la charge. En rappel, celle-ci couvre l’Autriche, la Croatie, la Hongrie, la République tchèque, la Serbie, la Slovaquie et la Slovénie ainsi que six organisations onusiennes basées à Vienne.

Que retenir des principales dispositions relatives au vote de la diaspora?

Dans leur exposé, le Commissaire Benoît Ilboudo et sa délégation ont fait un tour d’horizon en onze (11) grands points des dispositions du Code électoral relatives à la participation des Burkinabè à l’élection présidentielle de 2020. On retiendra, entre autres, que les Burkinabè de l’extérieur ne peuvent voter qu’aux scrutins référendaires et présidentiels. Il faut toutefois souligner que ce droit ne pourra s’exercer qu’à compter du 1er janvier 2020. En outre, pour bénéficier de l’ouverture d’un bureau de vote, la juridiction diplomatique doit compter au moins 500 Burkinabè immatriculés à l’ambassade ou au consulat général.

Selon Rasmané Savadogo, le Code électoral indique également que le ou les bureaux de vote sont établis dans chaque ambassade et/ou consulat général. L’on retiendra aussi que les documents de votation sont la carte nationale d’identité burkinabè (CNIB) ou le passeport ordinaire en cours de validité.

La délégation de la CENI conduite par le Commissaire Ilboudo

La délégation a rassuré les compatriotes de la juridiction que des missions de l’Office national d’identification (ONI) sillonneront les ambassades et les consulats en 2019 en vue de délivrer ces documents aux personnes qui en feront la demande. L’ONI s’occupera par ailleurs du recensement des Burkinabè de l’extérieur dans la perspective de la constitution du fichier électoral. C’est dire donc la nécessaire complémentarité de ces deux structures dans la mise en œuvre d’élections libres et crédibles.

Les missionnaires de la CENI ont aussi souligné que le corps électoral se compose de tous les Burkinabè des deux sexes, âgés de 18 ans accomplis à la date du scrutin, jouissant de leurs droits civiques et politiques, inscrits sur les listes électorales et n’étant pas aucun cas d’incapacité prévu par la loi.

Après l’opération de l’ONI, la CENI dressera la liste des ambassades et consulats généraux susceptibles d’accueillir les bureaux de vote. C’est à l’issue de cette étape qu’elle mettra en place les commissions électorales indépendantes d’ambassade (CEIA), les commissions électorales indépendantes de consulat (CEIC) et procédera à la formation de leurs membres. Ces démembrements de la CENI sont composés chacun de trois personnes (un représentant de la société civile, un représentant des partis et formations politiques de la majorité et un représentant des partis et formations politiques de l’opposition). Le représentant de la société civile est le président et les deux autres membres sont des rapporteurs. Enfin, on retiendra que l’équipe est assistée du trésorier de l’ambassade ou du percepteur du consulat général pour gérer les questions d’intendance.

Des échanges avec les compatriotes autour de leurs préoccupations

Le commissaire Benoît Ilboudo et sa délégation ont apporté des réponses aux préoccupations de l’assistance. Elles étaient relatives, entre autres, aux documents de votation, aux incompatibilités concernant les membres des démembrements, l’éventualité de votes électroniques ou via la poste, les dispositions qui pourraient être prises pour permettre aux Burkinabè des juridictions qui n’atteignent pas 500 personnes immatriculées de s’inscrire de manière exceptionnelle dans une autre juridiction, les remous qu’a connus la CENI, les débats sur les réseaux sociaux de l’opportunité des missions organisées par la CENI.

S’agissant de la question du fonctionnement de la CENI, le commissaire Ilboudo a indiqué qu’il y a eu des incompréhensions et des malentendus mais les quinze commissaires se sont retrouvés, se sont parlé et tout est rentré dans l’ordre. Il a soutenu que la sérénité prévaut actuellement dans la Commission dont l’objectif est d’organiser des élections libres, crédibles et transparentes, avec pour la première fois la participation des Burkinabè de l’extérieur.

Répondant aux personnes qui fustigent les missions déployées en ce moment, Benoît Ilboudo a dit comprendre le point de vue de celles-ci. En effet, en démocratie, l’expression de tous les points de vue est nécessaire, a-t-il ajouté. Toutefois, pour lui, l’opportunité et la pertinence d’une mission reviennent à la structure qui l’initie. En l’espèce, a-t-il souligné, la structure en charge des élections a, en toute indépendance et responsabilité, décidé d’aller à la rencontre de la diaspora en vue d’informer de manière saine et de rassurer sur les actions prises ou à mener dans la mise en œuvre de la promesse du Président du Faso de permettre aux Burkinabè  de l’extérieur de voter à partir de 2020. Un point de vue partagé par certains membres de l’assistance qui ont félicité la CENI et l’ont encouragée dans l’accomplissement de sa noble et difficile mission contribuant à la consolidation de la démocratie, à travers l’organisation d’élections transparentes.

Photo de famille à l’issue des échanges

Concernant les autres préoccupations, les membres de la délégation ont indiqué avoir pris bonne note des suggestions et réalités spécifiques des compatriotes d’Autriche. Ils ont souligné que l’idéal serait que tous les Burkinabè en âge de voter, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, puissent exercer ce droit mais qu’en attendant, le vote des Burkinabè de l’extérieur verra un début d’exécution avec une mise en œuvre progressive. C’est donc au fur à mesure que les ajustements prenant en compte les préoccupations des uns et des autres seront faits, a conclu le chef de délégation.

Pour terminer, le Commissaire Ilboudo a souhaité que l’assistance soit le porte-parole de la CENI auprès de ceux qui n’ont pas pu venir à cette rencontre, et que l’Autriche puisse remplir les conditions pour l’ouverture d’un bureau de vote.

Une invitation qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd au regard de la détermination de la déléguée CSBE, Irène Hochauer Kpoda et de la coordination de l’association des Ressortissants du Burkina Faso en Autriche à mobiliser davantage les membres de la communauté burkinabè et surtout à les sensibiliser pour une immatriculation massive à l’ambassade.

Après Vienne, la délégation de la Commission électorale nationale indépendante bouclera sa tournée d’information et de sensibilisation à Berlin en Allemagne.

Simon YAMEOGO  

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