Accueil » Politique » Nous leur en voulons souvent pour rien!

Nous leur en voulons souvent pour rien!

D’ordinaire, les hommes et femmes politiques sont accusés de tous les maux d’Israël. Ils sont traités de corrompus, d’incompétents, de versatiles, de clientélistes, d’égotistes, à courte vue. Parler d’eux en bien est alors clivant surtout par les temps qui courent, marqués par l’esprit de critique. Mais pour une fois, ne soyons pas myopes. Faisons des efforts pour voir aussi de loin. Car les hommes politiques d’ici et d’ailleurs, restent de simples êtres humains pleins de failles et de contradictions. Pourquoi donc ne pas être positifs et apprendre à apprécier les efforts et les sacrifices auxquels ils consentent pour le bien de la nation?

L’équipe gouvernementale du Burkina Faso

C’est connu, les hommes politiques n’ont pas bonne presse au Faso. Même dans les autres pays d’Afrique, d’Europe, d’Amérique, et d’Asie, il n’est pas bon d’être un homme ou une femme politique. Ils semblent être le condensé de tous les péchés et défauts des êtres humains. En effet, ils sont régulièrement accusés de  poursuivre des intérêts particuliers, de former une maffia népotiste, fermée à la société civile qu’ils n’écoutent qu’à quelques mois avant les échéances électorales. Ils seraient avant tout attirés par le pouvoir et les ors qui l’accompagnent. Pour le citoyen Lambda, les hommes politiques mentent sans arrêt et  manquent de vision.

Il y en a même dont la simple évocation de leurs noms provoque les rires gras de l’opinion publique parce qu’ils sont mal-aimés; parfois, à cause d’une erreur qu’ils ont commises, une fois en passant. Eh oui, les hommes politiques tissent souvent la corde pour les pendre. Ils font constamment l’objet de toutes les critiques, comme s’ils étaient des saints-nés, immaculés et sans taches. Mais que nenni! La preuve, lister les bourdes des uns et des autres nécessiterait d’ailleurs un livre entier.

D’ailleurs, même si nos jérémiades étaient fondées, nous n’avons qu’à nous en prendre à nous-mêmes. En effet, c’est le système que nous avons choisi entre la dictature et le gouvernement des clercs cher à Platon où seuls les experts auraient droit aux commandes. Dans notre démocratie représentative, nous n’exigeons pas même un diplôme universitaire de nos ministres et parlementaires (même si la plupart d’entre eux en ont un). Souvent c’est l’engagement politique et la capacité de mobilisation ou d’audience qui comptent le plus. Alors, comme c’est le jeu, il faut le jouer!

Le problème, c’est que nous oublions que nos hommes politiques restent de simples êtres humains pleins de failles et de contradictions. La politique est un métier de fou, surtout depuis l’avènement des réseaux sociaux. Pas une pensée, une déclaration qui ne pourra vous être resservie même dix ans plus tard. Le droit de changer d’avis, apanage d’un esprit sain, n’existe plus. Plus moyen d’avoir une conversation privée à l’heure de l’iphone et des espions technologiques.

On demande aux hommes politiques des arbitrages insensés entre des intérêts contradictoires, mais souvent légitimes – l’exemple le plus frappant au Faso étant le choix entre bâtir une école et… construire des échangeurs ou doter les FDS de matériels sophistiqués pour lutter contre le terrorisme.

Par ailleurs, en perpétuelle représentation, l’homme ou la femme politique, n’a plus de vie de famille. Ses semaines de 80 heures quasi sans week-end, détruisent sa santé. L’hypertension et le guette. A la longue, bien d’entre eux ne font pas long feu et ne profitent pas de la pension plantureuse prévue par l’Etat.

Appâtés par le gain? Allons donc: la plupart gagneraient à diplôme égal, beaucoup plus dans le privé.

Cela peut étonner, mais à l’heure de choisir leur voie, souvent très jeunes, les hommes politiques rêvaient de changer le monde, de corriger beaucoup de choses, comme améliorer la vie des gens… Utopistes, adeptes du progrès, parfois coincés devant les caméras, ils peuvent se révéler en privé d’une grande chaleur et d’une grande gentillesse, proches des gens.

Si leur communication est à ce point maîtrisée, voire cadenassée, c’est en somme de notre faute. Nous scrutons sans cesse la petite phrase qui alimentera le buzz fatal. Exemple: « infanterie… »

On ne peut pourtant pas leur reprocher tout et son contraire: d’être responsables de tous les maux de la Terre. Alors, même sans éloge, un peu d’indulgence pour nos hommes politiques. Les critiquer, oui. Mais évitons de les mettre «à poil» au café du commerce, c’est-à-dire dans tous ces endroits au Faso où des personnes s’adonnent au commérage et à l’échange d’informations, souvent sans fondement.

Théophile MONE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *