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Vrai scandale, par défaut de communication

Des Burkinabè se sont offusqués de voir des sacs de céréales, don de la coopération japonaise, vendus dans une alimentation à Ouagadougou. L’exposition était tellement flagrante que certains ont légitimement pensé  à un détournement. Leur inquiétude est légitime, sauf que la coopération japonaise admet la vente d’une partie de ses dons afin de collecter des fonds destinés exclusivement au financement des projets de développement social et humanitaire à la base. Ce fait presqu’anodin montre bien qu’aujourd’hui, certaines interrogations valent mieux que des affirmations gratuites et sans fondement, régulièrement tenues sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, l’autorité est interpellée à mieux communiquer sur certains projets et initiatives.

Pour le citoyen Lambda, ces sacs de riz, don de la Coopération japonaise, ne devraient pas être en vente dans cette alimentation. Oui, mais… (Photo: https: //www.facebook.com/monica.rinaldi.1224/posts/10218412377448780)

Le Japon a fait le choix d’une approche de coopération qui prend en compte les défis actuels auxquels l’Afrique est confrontée, susceptibles de ralentir sa marche vers le développement et la réduction de la pauvreté extrême.

Une chose est certaine, les modèles traditionnels de l’aide au développement, avec un donateur et un bénéficiaire sont devenus caducs. Les relations entre ces deux entités sont devenues plus complexes, et mieux conçues à travers un processus d’apprentissage mutuel et de découverte de solutions conjointes. Elles ouvrent la voie à de nouvelles opportunités pour les nouveaux partenaires, en créant des cercles vertueux de croissance et contribuant ainsi à accélérer le développement.

Dans ce nouveau contexte, lEmpire du Soleil levant offre chaque année des tonnes de riz au Burkina Faso, dans le cadre du Fonds de contrepartie. Souvent, une partie de ce don de riz ou de céréales est vendue à un prix abordable pour contribuer notamment à la sécurité alimentaire. Le revenu de la vente financera des projets de développement communautaire.

Malheureusement, les objectifs poursuivis par le Fonds de contrepartie ne sont pas assez expliqués aux populations pour éviter les amalgames. En effet, cette forme d’aide à travers le financement de divers projets dont les bénéficiaires sont les populations burkinabè les plus démunies est méconnue même de certains intellectuels. Pourtant, des ressources financières sont générées chaque année par la vente de produits tant alimentaires que non alimentaires et dont les revenus contribuent au financement des projets d’intérêt communautaire aux Pays des hommes intègres.

Cette stratégie de coopération est  importante car elle permet de soulager les souffrances des populations par l’amélioration de la balance de paiements et la réduction du déficit alimentaire à travers la relance du secteur agricole et l’appui à d’autres secteurs prioritaires tels que l’aménagement de ponts, l’assainissement de l’eau dans les milieux ruraux, la construction des centres de santé et d’écoles,…

Habituellement, ce don est géré en toute transparence par les deux parties, c’est-à-dire la partie burkinabè et japonaise. A travers cette aide, notre pays entend soutenir l’aspiration des Burkinabè à une vie meilleure, surtout que la sécurité alimentaire y demeure encore fragile du fait de la croissance rapide de sa population.

Les réactions, parfois épidermiques des uns et des autres, au vu des sacs de riz en vente, pourtant bien identifiés «de la part du peuple japonais», se comprennent dans un contexte de communication insuffisante sur la question. Fort heureusement, il ne faut pas tout voir en noir. Il faut toujours chercher à comprendre. Donc aller à la recherche de l’information plutôt que de se contenter de la diffuser. D’autre part, nos gouvernants doivent davantage communiquer sur ces situations particulières par des communiqués officiels afin d’éviter que certaines personnes ne crient au scandale, quand tout est clair, comme l’eau de roche.

Théophile MONE

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