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Sangoulé Zerbo: après plus de 14 ans, il est sommé de quitter sa cours avec toute sa famille

Dans la matinée de ce mardi 25 septembre 2018 au secteur 29 de l’arrondissement 6 de Ouagadougou, l’association Namanegb-Zanga, membre de la coordination des associations de lutte pour le droit aux logements et droits humains est allée manifester son soutien à Sangoulé Zerbo, sommé de quitter sa cours avec toute sa famille alors qu’il y habite depuis plus de 14 ans.

Sangoulé Zerbo, celui-là qui est menacé de quitter sa cours avec toute sa famille

Il est 8 h 30 ce mardi 25 septembre 2018, lorsque nous sommes alertés qu’un homme d’un âge avancé est en train d’être expulser de sa cours où il réside avec sa famille depuis plus de 14 ans au secteur n°29 de l’arrondissement 6 de Ouagadougou. Une tentative d’expulsion qui ne plaît pas du tout à l’association Namanegb-Zanga à laquelle il appartient.

Mathurin Nikiéma, président de l’association Namanegb-Zanga, a donné les raisons de leur présence sur les lieux: «M. Sangoulé Zerbo a reçu ordre de quitter les lieux où il réside depuis 14 ans avec toute sa famille. En tant que mouvement social qui lutte pour le droit au logement des populations au Burkina Faso, notre association est venue comprendre le problème et soutenir M. Zerbo, qui d’ailleurs est l’un de ses membres. Pour nous, tant que cette situation ne sera pas claire, M. Zerbo ne quittera pas la cours» a dit le président.

Beaucoup sont ceux qui soutiennent le vieux Zerbo

L’histoire selon la victime

Selon le vieux Zerbo lui-même, toute l’histoire aurait «commencé il y a de cela quatre ans. Un homme, d’une des commissions qui s’occupent des lotissements, est venu chez moi pour m’informer que le terrain dans lequel j’ai construit appartient à une dame dont j’ignore le nom et me propose de me trouver un autre terrain. Alors, j’ai accepté sans résister et tout de suite il m’a demandé mes papiers que je lui ai remis. Après cette étape, poursuit-il, il n’est plus revenu jusqu’au moment de la Transition ou une dame se présente chez moi pour me dire que c’est son terrain. Et quand j’ai voulu voir si elle a des papiers, elle m’a demandé de prendre un avocat, chose que j’ai ignoré jusqu’au jour ou une convocation de la justice m’est parvenue. Aussi, après le procès, on m’intime l’ordre de libérer le terrain au profit de la dame. Je reste sur ma faim, car je n’y comprends rien».

Mathurin Nikiéma,le président de l’Association Namanegb-Zanga

Un appel à la bonne gouvernance des lotissements

C’est dans ce contexte que M. Nikiéma se demande si «depuis la suspension des lotissements en 2011, la lumière a été faite sur les opérations de lotissements qui avaient eu lieu ou qui étaient en cours.» Ceci dit, le premier responsable de l’association Namanegb-Zanga estime qu’avant de reprendre le terrain de M. Zerbo, l’Etat doit situer la population sur ce qui s’est réellement passé.

Par ailleurs, il a précisé que l’association dont il est le président n’a pas été créée pour un arrondissement de Ouagadougou, mais pour tout le pays. Et de demander aux autorités d’œuvrer à la bonne résolution des crises foncières avant la levée de la suspension des lotissements afin de préserver la paix et la cohésion sociale. Une bonne gouvernance des lotissements et un apurement sans complaisance du passif foncier urbain qu’il estime impératifs.

Omar Idogo

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