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Élections municipales: faible affluence par rapport à la présidentielle

Le dimanche 22 dimanche 2016, plus de 5 millions d’électeurs inscrits sont allés aux urnes pour les élections municipales. A Ouagadougou où nous avons sillonné plusieurs bureaux de vote, l’affluence n’a pas été au rendez-vous comme à la présidentielle de 2015.

Dans ce bureau de vote, on pouvait compter le nombre de votants
Dans ce bureau de vote, on pouvait compter le nombre de votants

Les municipales de dimanche dernier n’ont pas mobilisé autant d’électeurs que les élections couplées de 2015. La faible affluence des électeurs était, du reste, perceptible dans les bureaux de vote que nous avons visités a Kologh Naaba, Patte d’Oie, Larlé, Pissy et Tampouy. «Nous avons ouvert le bureau de vote à 6h du matin, mais l’affluence n’y était pas. Tantôt on n’a trois à 4 personnes, tantôt une à deux personnes. On peut faire 2 à 3 minutes sans voir un seul électeur. Jusqu’à l’heure où je vous parle (ndlr : 15h30), on n’a même pas eu 110 votants sur les 461 inscrits. On tourne autour de 100 à 103», a dévoilé, Méda Mathieu, président du bureau de vote n°7 à l’école Kologh Naaba B.

Tapsoba Brice Eric: "les gens ne sont pas sortis voter parce que le message n’est pas bien passé"
Tapsoba Brice Eric: “les gens ne sont pas sortis voter parce que le message n’est pas bien passé”

Qu’est-ce qui explique une telle situation?

Pour l’étudiant, Brice Tapsoba, les gens ne sont pas sortis voter parce que le message n’est pas bien passé. «On ne sent pas aussi une vivacité entre les candidats. Je me demande si ces candidats méritent leur candidature, car ils ne sont pas convaincants. Je suis sorti malgré moi, car je me dits, pourquoi avoir cette carte et ne pas soutenir au moins un candidat», a-t-il confié. A l’instar de cet étudiant qui a accompli son devoir citoyen, d’autres personnes rencontrées ont reconnu que les élections municipales n’ont pas intéressé véritablement les populations qui semblent les avoir déçus. En clair, les municipales qui permettront d’élire des conseillers municipaux n’ont pas suscité de l’engouement populaire. «Nous sommes allés voter parce que nous voulons des conseillers pour nous représenter. Il n’y a pas de file d’attente si bien que nous avons pu voter rapidement», a indiqué le consultant Ali Ouédraogo.

Cette situation de faible engouement s’explique, selon certains électeurs rencontrés, par le fait que la journée de vote coïncidait avec la saint Trinité qui est une fête très importante pour les catholiques. D’autres, en revanche, estiment que la campagne électorale n’a pas été à la hauteur de leurs attentes. «Nous n’avons pas trop sentis la campagne électorale», a déploré Awa Tiendrébéogo. En outre, le faible engouement des populations devant les bureaux de vote a été favorisé, a expliqué Moussa Congo, par le fait que certains électeurs votent des individus et en fonction de leurs intérêts. Alors que pour le cas précis des municipales, les maires en particulier ne sont pas connus d’avance.

L'engouement des électeurs n'était pas au beau fixe à l'arrondissement 2, plus précisément à l'école communale de Ouidi
L’engouement des électeurs n’était pas au beau fixe à l’arrondissement 2, plus précisément à l’école communale de Ouidi

En somme, la mobilisation des électeurs a été faible dans plusieurs bureaux de vote dans la capitale. De la matinée à partir de 8h45 jusqu’aux environs de 16 h15 ou nous quittions certains bureaux de vote, les représentants de la CENI dans plusieurs bureaux de vote se tournaient toujours les pouces et l’ennui se lisait visiblement sur leur visage. Du reste, les lieux de vote sont uniquement occupés par les agents de sécurité qui veillent au grain, les représentants de la CENI et des partis politiques ainsi que les marchands ambulants. En dehors de cette morosité qui parle d’elle-même, le scrutin s’est déroulé dans le calme et la sérénité. Pas d’incidents majeurs de nature à perturber le déroulement des opérations, ni discréditer les résultats qui sortiront des urnes. On peut donc dire qu’il y a eu plus de peur que de mal au regard des tensions montées d’un cran dans certains localités du pays avant ou pendant le dépôt des candidatures et la campagne électorale comme a Zogoré, Bouroum Bouroum et Béguédo. Dans ces localités citées, le vote n’a pas eu lieu pour des raisons de sécurité qui ne favorisaient pas l’organisation des élections. Concernant le taux de participation, on le saura davantage avec la CENI. Quoi qu’il en soit, il ne sera pas surprenant qu’il soit relativement faible.

Madina Belemviré

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