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Animation de la vie politique: que les partis se plient à leurs obligations constitutionnelles!

Si les électeurs n’ont pas formé de longs rangs devant les bureaux de vote le 22 mai dernier à l’occasion des élections municipales, c’est aussi parce que les partis et formations politiques ont failli à leurs rôles. C’est parce qu’ils ont manqué à leurs obligations constitutionnelles.

La désaffection est à mettre au compte des partis politiques...
La désaffection des urnes est à mettre au compte des partis politiques (photos google.com)…

Aux termes de l’article 13 de la Constitution, “Les partis et formations politiques se créent librement”. Et cet article a pris le soin de préciser que ceux-ci “concourent à l’animation de la vie politique, à l’information et à l’éducation du peuple ainsi qu’à l’expression du suffrage.” L’animation de la vie politique, l’information et l’éducation du peuple incombent alors aux partis et formations politiques.

Il convient de voir en ces actions ainsi déclinées, des obligations constitutionnelles auxquelles les leaders politiques sont censés avoir consenti en créant leur parti. Mais au constat, ces obligations sont royalement foulées au pied. Pire, nos leaders politiques travaillent à ternir l’image de la politique. Finalement, nombreux sont ceux qui voient en l’Homme politique, un être sans vergogne, celui à qui seul le naïf peut croire.

De l'opposition...
De l’opposition…

C’est du reste, ce qui explique ce climat généralisé de manque de confiance aux hommes politiques. Au même moment, il se trouve que sous nos tropiques, les gens votent non en considération du contenu d’un programme politique, mais en considération de la personnalité de l’homme politique qui se présente.

A ce manque de confiance, s’est ajoutée l’incompréhension du sens du vote. Au moins cela, la classe politique aurait pu nous permettre d’éviter si elle s’était pliée à ses obligations constitutionnelles telles qu’imposées par l’article 13 de notre Loi fondamentale. Mais hélas!

et du pouvoir
et du parti au pouvoir

Or, l’incompréhension du sens du vote expose inéluctablement à la désaffection vis-à-vis de la chose politique. Même en politique, il faut savoir que l’on ne peut mobiliser l’homme qu’autour de ses intérêts. C’est aux partis politiques de comprendre cela. C’est à eux de travailler à inculquer aux électeurs, la compréhension pleine et entière de leur intérêt à aller voter. Ils doivent faire cela en tout temps, mais à pied levé et seulement à l’approche de consultations électorales. Et ce, parce que pèsent sur eux des obligations constitutionnelles à cet effet.

Mais comme ils feignent de négliger ou d’ignorer qu’ils doivent s’activer dans ce sens, il revient au garant de la Constitution qu’est le Conseil constitutionnel de leur rappeler et de leur imposer le respect de ces obligations constitutionnelles. C’est à prix que l’on pourra éviter à l’avenir, la situation du 22 mai dernier: faible mobilisation des électeurs. Faire cela, c’est offrir la chance à la démocratie burkinabè de se consolider. Le faire dès maintenant, c’est militer activement pour une bonne participation au référendum constitutionnel qui se profile à l’horizon.

Paangui Parè

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