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39e journée mondiale de l’alimentation: le message de salifou Ouédraogo, ministre de l’Agriculture et des Aménagements hydro-agricoles

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) célèbre le 16 octobre de chaque année, date anniversaire de sa fondation en 1945, la Journée mondiale de l’alimentation. Cette journée vise à renforcer la sensibilisation et l’action en faveur des personnes victimes de la faim dans le monde et à garantir la sécurité alimentaire et une alimentation saine pour tous. La Journée mondiale de l’alimentation est également une occasion importante d’envoyer un message fort au public. Elle vise à améliorer la compréhension des problèmes relatifs à la sécurité alimentaire et à accroître la sensibilisation des décideurs politiques, des acteurs du secteur privé et des producteurs au renforcement et à la mise en œuvre d’actions permettant d’atteindre la Faim zéro d’ici à 2030.

Cette 39ème édition porte sur le thème : « Une alimentation saine pour un monde « faim zéro ».  En effet, atteindre la Faim Zéro ne consiste pas seulement à donner à manger aux personnes souffrant de la faim. C’est aussi et surtout de nourrir les individus avec une gamme suffisamment variée d’aliments sûrs, nutritifs et sains.

Pendant des décennies, le monde a pu se féliciter des progrès accomplis dans la lutte contre la faim. Aujourd’hui, toutefois, le nombre de personnes sous-alimentées est reparti à la hausse, avec plus de 800 millions, soit environ une personne sur neuf. Force est de souligner que la sécurité alimentaire de nos jours n’est pas seulement une question de quantité, mais aussi de qualité. Les régimes alimentaires malsains sont devenus un facteur de risque principal de morbidité et de mortalité dans le monde.

Ces dernières années, nos habitudes alimentaires ont radicalement changé avec la mondialisation, l’urbanisation et la hausse des revenus. Nous sommes passés d’une alimentation essentiellement végétale, de saison et riche en fibres, à des aliments hypercaloriques, riches en amidons raffinés, en sucres, en graisses, en sel, en aliments transformés et souvent à une consommation excessive de viande.

Dans de nombreuses parties du monde, garantir la disponibilité et l’accès à une alimentation saine reste un énorme défi, notamment pour les personnes aux ressources limitées, comme les petits producteurs agricoles et les familles en situation de crise pour cause de conflits, de catastrophes naturelles et du changement climatique.

Les derniers chiffres de 2018 nous interpellent. En effet, 149 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent de retards de croissance, tandis que 49 millions souffrent de dépérissement.

Paradoxalement plus de 670 millions d’adultes et 120 millions de garçons et de filles (5-19 ans) sont obèses et 40 millions d’enfants dans le monde sont en surpoids.

 

Une alimentation malsaine, associée à un mode de vie sédentaire, constitue le principal facteur de risque d’invalidité et de décès dus à des maladies liées à une mauvaise alimentation.

 

Les problèmes de santé liés à l’obésité coûtent aux budgets nationaux 2 000 milliards d’USD par an. 50 à 90% de ces cas se retrouvent dans les pays à revenu faible ou moyen, du fait de la consommation accrue d’aliments transformés et de viande.

Face à cette situation, nous devons changer nos modes de production, d’approvisionnement et de consommation. De la ferme à l’assiette, nos systèmes alimentaires actuels doivent favoriser la production de denrées de base à haut rendement.

Outre l’impact sur notre alimentation, l’intensification de la production vivrière, associée au changement climatique, provoque une perte rapide de biodiversité. À l’heure actuelle, seul neuf espèces végétales assurent 66 pour cent de la production agricole totale, alors que l’homme, tout au long de son histoire, a cultivé plus de 6 000 espèces pour se nourrir. Aujourd’hui, nous nous limitons à trois cultures seulement (blé, maïs et riz) qui représentent près de 50% de nos apports énergétiques alimentaires totaux. La diversification des aliments est cruciale pour garantir une alimentation saine et préserver l’environnement.

Pour contrer et inverser cette tendance négative, il est essentiel d’adopter une approche globale qui examine les causes multidimensionnelles de la malnutrition, y compris le manque d’accès stable à des activités saines, de régimes équilibrés, diversifiés et sûrs ; de l’eau de boisson saine, de soins adéquats des nourrissons et des jeunes enfants.

Les mauvaises pratiques d’alimentation, la mauvaise hygiène et le manque d’assainissement, l’accès insuffisant à l’éducation et aux services de santé, la pauvreté monétaire, les mauvaises pratiques agricoles, sont entre autres des facteurs favorisant la malnutrition.

II apparait ainsi clairement que sans une concertation permanente entre l’ensemble des acteurs des pays, le défi d’une bonne alimentation pour nos populations sera très difficile à relever. Le choix du thème traduit donc une volonté manifeste de mobiliser toutes les énergies de tous les acteurs, pour relever ce défi.

Je tiens à réitérer les remerciements du Gouvernement, à l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, à Monsieur le Président de l’Alliance nationale contre la Faim au Burkina Faso et à tous les Partenaires intervenant dans le dispositif de sécurité alimentaire pour leur soutien permanent à l’endroit du Gouvernement et des braves populations.

J’invite tous les acteurs nationaux et les partenaires au développement à œuvrer en parfaite synergie pour relever le défi de la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Burkina Faso.

Je souhaite que la campagne agropastorale en cours nous gratifie de bons résultats.

Que Dieu bénisse le Burkina Faso !

Qu’Il nous bénisse tous !

Je vous remercie.

 

 

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