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Agressions et vols des commerçants: quelles solutions pour limiter l’insécurité?

Lundi 23 janvier 2017, deux personnes ont été tuées et trois millions de F CFA emportés lors d’un braquage à Dapoya, un quartier populaire de Ouagadougou. Par les temps qui courent au Faso, il n’est pas aisé d’exercer le métier de commerçant. En effet, de plus en plus, des commerçants se font braquer, parfois dans des conditions particulièrement violentes. Certains braquages pouvant aller jusqu’à causer la mort, ici du commerçant, là d’un client, parfois d’un passant. Désormais, tous les commerces sont susceptibles de faire l’objet d’un braquage. Ainsi, la criminalité a changé de cible. Chassés des banques plus sécurisées, les délinquants se sont repliés sur les magasins et boutiques qui manipulent encore beaucoup d’argent en espèces. La recrudescence des attaques à main armée en centre-ville avec une multitude de petits butins contribue à renforcer le sentiment d’insécurité.  On peut même dire un problème de sécurité et de santé. Car, si le braquage est un acte criminel, il doit aussi  être considéré comme un acte traumatique qui peut mettre en péril durablement la santé du commerçant agressé. Alors, quelles solutions pour limiter l’insécurité surtout dans les grandes villes comme Ouagadougou?

Les attaques à main armée explosent
Les 3 piliers de la politique de prévention sont l’évitement, la préparation et le soin.

Face à la vague des braquages qui secouent Ouagadougou la capitale du Burkina Faso depuis plusieurs mois, les autorités n’ont pas encore trouvé le remède approprié. Alors que beaucoup de Burkinabè attendent du ministère de la Sécurité des propositions pertinentes. De manière générale, les politiques de prévention en matière de braquage se déclinent en deux dimensions: la prévention primaire concerne les actions destinées à éviter le braquage. On trouve à ce niveau toutes les politiques de sécurisation des lieux de travail afin de dissuader les braqueurs. La prévention secondaire concerne, quant à elle, les actions d’anticipation permettant de mieux faire face à l’évènement. Ces politiques sont toutefois insuffisantes car elles négligent le volet tertiaire de la prévention. Ce sont les actions destinées à diminuer les conséquences du braquage lorsque celui-ci a eu lieu. C’est à ce stade de prévention que l’on s’occupe de la santé de la victime et c’est précisément à ce niveau que les dispositifs sont inexistants.

Une politique de prévention complète repose donc sur trois piliers: l’évitement, la préparation et le soin. Aussi, les commerçants cibles de prédilection des bandits ces derniers temps devraient bénéficier d’une politique de prévention face aux agressions criminelles.

Le mode opératoire des bandes organisées qui écument les boutiques est bien connu: deux individus à moto arrivent à l’improviste. Une Kalachnikov ou un pistolet est mis sur la tempe des gardiens ou du propriétaire les obligeant à ouvrir la boutique ou le magasin. Ils s’emparent de tout ce qu’il y a comme argent et disparaissent dans la nature sous les regards impuissants des voisins ou des spectateurs. Les hold-up durent entre trois et cinq minutes. Les forces de l’ordre, pourtant réactives, arrivent souvent en retard. Au-delà des pertes d’argent, braquer un pistolet sur la tempe de quelqu’un, le rend non seulement impuissant, mais le traumatise pour longtemps.

Solutions possibles

Pour prévenir il faut dissuader.  Alors il faudrait plus de rondes des forces de défenses et de sécurité.  Oui, mobiliser les troupes contre ce fléau, mais surtout élaborer un plan d’action afin de cibler les délinquants récidivistes, leur âge et profil, leur mode opératoire, tout en prévoyant une collaboration étroite avec l’administration pénitentiaire, concernant les sortants de prison auteurs de cambriolages. La mise en place d’un dispositif d’alerte en temps réel afin de raccourcir les délais d’intervention (comme des SMS prédéfinis par zone avec des coordonnées) permettrait d’apprécier davantage les efforts déployés par les autorités pour traquer les braqueurs. Les sensibilisations télévisuelles ou radiophoniques sur la conduite à tenir (par exemple les consignes de sang-froid ou le fait d’éviter de jouer au brave) en cas d’agression s’avèrent nécessaires face une population qui aime le spectacle que les réactions qui sauvent!

Les commerçants quant à eux, devraient améliorer la sécurité de leurs boutiques et magasins  par un meilleur éclairage des zones sombres.  Là où il n’y a pas de courant électrique, les plaques solaires sont une solution alternative. Pour ceux qui en ont les moyens, il serait bien également d’installer des caisses anti-braquage ou  s’équiper de systèmes de caméras et d’alarmes.

Enfin, étant donné que la recherche d’argent liquide demeure la première motivation des braqueurs, il faut éviter d’en avoir assez sur soi. Un réflexe malheureusement difficile à changer tant les Burkinabè aiment palper l’argent.

Théophile MONE

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