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Assassinat de Thom Sank: les fuyards ont tort!

A quelques jours du très triste anniversaire du coup d’Etat déjoué par les populations mobilisées comme un seul homme, et qui a reçu les épithètes les uns aussi méchants que les autres, Gilbert Diendéré, le ‘’général’’, s’est mis en vedette le week-end dernier avec les confidences sorties par notre confrère Jeune Afrique.

Gilbert Diendéré, entendu dans l'affaire de l'assassinat de Thom Sank
Gilbert Diendéré, entendu dans l’affaire de l’assassinat de Thom Sank

Quand il a été reçu par le juge d’instruction dans l’affaire Thomas Sankara, le lieutenant Diendéré – c’était son grade à l’époque – a dit n’avoir pas participé à la tuerie sauvage le 15 octobre 1987. Il n’a fait que constater les dégâts et a rendu compte.

Qui donc a osé assassiner le capitaine Thomas Sankara, le président du Faso? Il ne faut pas aller chercher loin, c’est Hyacinthe Kafando et un groupe de commandos. Cette position de celui qui est aujourd’hui le général Golf semble épouser les formes des premières déclarations de Blaise Compaoré lui-même quand, au lendemain de l’assassinat, la presse lui a posé la question sur les auteurs. Lui aussi n’était pas sur place, il est venu constater la mort de son «ami» et a failli, dans la douleur et la colère, faire des dégâts, puis s’est ressaisi.

C’est clair, des militaires subalternes ont décidé de trucider la plus haute personnalité de l’Etat de leur plein gré, sans en référer à qui que ce soit. Là, ce n’est pas l’armée, c’est l’armoire, comme on le disait lors de la formation militaire SNP (Service national populaire). Or l’armée n’est pas l’armoire. Elle est bien organisée et répond à des principes immuables: le subalterne répond aux ordres sans murmures ni désapprobation. Et le TTA, texte toutes armes, est clair: le compte rendu libère le subalterne. Or, il ne rend compte que de ce qu’on lui a dit de faire; il n’a pas d’initiative à prendre.

Dans cette défense à charge du général Diendéré, la question simple qu’un jeune stagiaire avocat peut se poser est «à qui profite le crime?» Là, les choses sont claires. Si Hyacinthe Kafando et son commando, après l’assassinat du capitaine Thom Sank, avaient pris le pouvoir, on peut dire qu’ils ont agi à leur compte. Mais ici, ils ont tué froidement la première personnalité de l’Etat et se sont effacés au bénéfice de Blaise Compaoré. On n’a donc pas besoin d’être de Scotland Yard ou du Mosad pour savoir qu’ils ont exécuté un ordre reçu.

Dommage que Hyacinthe ait fui sinon il aurait pu expliquer qui a dit de faire quoi, quand, comment. Les officiers conçoivent et les subalternes exécutent, donc qu’un lieutenant ne soit pas sur place le jour de l’assassinat de Thom Sank peut s’expliquer aisément. Et cette absence ne peut en rien disculper l’officier.

Ousmane Hébié

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