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Bobo-Dioulasso : le débat sur le passage à une 5e république est lancé

Le Conseil national de la Transition (CNT) a organisé un débat public sur la Constitution le samedi 30 mai 2015 à Bobo-Dioulasso. Ces échanges avaient pour but de se demander s’il faut oui ou non passer à une 5ème République au Burkina Faso. Pour ce faire, ce sont le Dr Abdoul Karim Sango et Salif Sangaré qui ont exposé sur la Constitution du 11 juin 1991 où ils ont fait ressortir les faiblesses et les forces de celle-ci. Au terme de leur exposé, ils ont été sans équivoque : « le passage à une 5ème république est un impératif ».

Les conférenciers lors du débat
Les conférenciers lors du débat

Doit-on passer oui ou non à une 5ème République au Burkina Faso ? C’est la question que le CNT a voulu poser aux Bobolais en organisant ce débat public. Avant de donner la parole aux populations de la ville de Sya, ceux-ci ont d’abord eu droit à un exposé sur la Constitution de la 4ème République. A ce propos, ce sont deux éminents constitutionnalistes et politologues qui ont décortiqué les faiblesses et les forces de la Constitution du 11 juin 1991. Au terme de leur exposé, le Dr Abdoul Karim Sango et Salif Sangaré ont abouti à la conclusion selon laquelle la Constitution actuelle ne répond plus aux réalités des populations car, ont-ils indiqué « la Constitution du 11 juin 1991 avait été taillé à la mesure du président déchu, Blaise Compaoré ; était muette sur les problèmes fondamentaux des populations (éducation, emploi des jeunes, chômage…) et conférait beaucoup de pouvoir au chef de l’Etat »

Des députés du CNT ont attentivement assisté aux échanges entre les populations et les conférenciers
Des députés du CNT ont attentivement assisté aux échanges entre les populations et les conférenciers

Il est donc impératif pour eux, de doter le Burkina Faso d’une nouvelle Constitution à même de prendre en compte les aspirations actuelles des populations. « Une constitution est valable pour un peuple à une époque donnée de son histoire » a signifié le Dr Abdoul Karim Sango. Sur l’adoption d’une nouvelle Constitution, les conférenciers souhaitent « l’invention des mécanismes citoyens de contrôle constitutionnel ; la séparation des pouvoirs; la suppression du CES; la constitutionnalisation de la CENI et la chefferie traditionnelle; la réorganisation des organisations de la société civile afin qu’elles ne soient pas une autre forme de parti politique ».

Dr Abdoul Karim Sango, principal conférencier : « Une constitution est valable pour un peuple à une époque donnée de son histoire »
Dr Abdoul Karim Sango, principal conférencier : « Une constitution est valable pour un peuple à une époque donnée de son histoire »

Cependant, nombreux sont ceux qui estiment que l’adoption d’une nouvelle Constitution pour le Burkina Faso n’est une priorité pour les organes de la Transition. Les conférenciers quant à eux, pensent autrement. Pour eux, c’est en période de neutralité que le pays peut se doter d’une constitution à même de prendre en compte les aspirations profondes de toutes les couches socioprofessionnelles. « Il ne faut pas laisser le choix à un pouvoir partisan de rédiger une nouvelle constitution au risque de retomber dans les problèmes suscités par la Constitution du 11 juin 1991 » ont-ils prévenu. De toutes les manières, le passage à une 5ème république est un impératif selon les conférenciers qui ont indiqués que la valeur d’une constitution réside dans les valeurs que celle-ci véhicule. Invités à se prononcer sur la question, les populations de Sya ont émis des avis divergents. Mais, nombreux sont celles qui sont favorables au passage à une 5ème république.
Cheick Omar Traoré

3 commentaires

  1. BOIN-ZEM OUINDE OUEDRAOGO

    Cela ne necessite meme plus des explications. C’est clair et net qu’il faut passer à une Vème Republique au Burkina Faso. Nous jeunes ne voulons plus etre enfermés dans une constitution qui limite nos droits et devoirs comme la constitution du 2 juin 1991. Tout ce qui est faveur pour Blaise doit disparaitre de notre Constitution future

  2. Oui à une nouvelle constitution sans prolongation du délai de la transition.

  3. Il est clair que l’on ne peut pas s’amuser à dupliquer le régime de Blaise Compaoré pour le futur du Burkina Faso. Ce serait une grave erreur que la postérité nous reprocherait. Savoir que cette Constitution du 02 juin 1991 a été élaborée à l’image de ce Monsieur et vouloir quand même réutiliser la loi fondamentale pour l’avenir même en procédant à des retouches ne nous avancerait en rien. Au contraire, ce serait encourager la médiocrité.

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