Accueil » Société » Bobo-Dioulasso: des musulmans pour l’interdiction de l’homosexualité

Bobo-Dioulasso: des musulmans pour l’interdiction de l’homosexualité

Les principaux conférenciers
Les principaux conférenciers

Des musulmans de l’Ouest du Burkina Faso sont pour l’interdiction de l’homosexualité et de toutes «les dérives sexuelles indignes». De ce fait, la Coordination des associations islamiques de l’Ouest a animé une conférence de presse le mercredi 4 mars 2015 à Bobo-Dioulasso pour affirmer son adhésion au projet de loi introduit au CNT pour adoption par le Parti pour la renaissance nationale (PAREN) et portant «interdiction de l’homosexualité et de toutes les dérives sexualités indignes au Burkina Faso». Le principal orateur de cette conférence de presse a été le vice-président de la communauté musulmane de l’Ouest, Ahmadou Sanogo.

Ahmadou Sanogo, vice-président de la communauté musulmane de l'Ouest.
Ahmadou Sanogo, vice-président de la communauté musulmane de l’Ouest.

Pour les musulmans, l’homosexualité est une abomination à proscrire. Ainsi, le projet de loi portant son interdiction introduit par le PAREN au CNT pour adoption les réconforte dans leur position: «Nous avions appris par voie de presse qu’il y a un projet de loi préparé par le Parti pour la renaissance nationale (PAREN) et portant interdiction de l’homosexualité et des pratiques sexuelles indignes dans notre pays. Nous profitons de cette occasion pour marquer notre position par rapport à ce sujet d’intérêt».
Si les musulmans condamnent avec la dernière énergie l’union entre deux personnes de même sexe, c’est en référence aux valeurs islamiques, selon eux. Paraphrasant la psychanalyse freudienne qui qualifie cette forme d’union de «perversion», les musulmans, quant à eux, la considère comme «contre-nature» voire «l’expression d’un déséquilibre» dans l’évolution de la personne. «L’homosexualité est moralement condamnée» ont-ils lancé.

Siaka Sanou, grand Imam de Bobo-Dioulasso: Si jamais on autorise l'homosexualité, nous verrons pire que Ebola du fait de cette malédiction divine.
Siaka Sanou, grand Imam de Bobo-Dioulasso: Si jamais on autorise l’homosexualité, nous verrons pire que Ebola du fait de cette malédiction divine.

Marchant sur les pas du PAREN, les musulmans estiment que leur démarche n’a pour finalité que la préservation de la dignité humaine. «Il serait insensé de nier ces faits, contredire les textes et imposer certaines contorsions intellectuelles aux Burkinabè croyants et non-croyants pour rejeter un projet de loi visant à préserver la dignité humaine» ont-ils signifié, avant d’insister que le Burkina Faso n’aurait pas besoin de ce qui participe à la «déshumanisation» et à la «chosification» de l’espèce humaine. Pour eux, pour être sauvés, il faut être de ceux qui soutiennent la vérité, d’où qu’elle vienne. Et à les écouter, le projet de loi du PAREN, s’il est adopté, pourrait sauver la dignité humaine: «Tout comme le projet de loi du PAREN portant interdiction de l’homosexualité au Burkina Faso, on ne saurait rester à l’écart de tout ce qui participe de la préservation de la dignité humaine au Burkina». Si pour l’heure le phénomène n’est pas d’une certaine ampleur, selon eux, ils souhaitent que l’on légifère non seulement pour le présent mais aussi pour la postérité.

Imams, prédicateurs et autres responsables islamiques  ont été témoins des propos de la coordination
Imams, prédicateurs et autres responsables islamiques ont été témoins des propos de la coordination.

Solidaires de l’initiative du PAREN, les musulmans pensent que les questions de préservation de la dignité humaine leur incombent en tant que religieux. «Nous ne pouvons garder le silence là où il faut porter haut le respect de la dignité humaine. Ignorer cela revient à dire que la noblesse de l’homme établie comme telle par Dieu n’a pas de sens. Ce qui est admissible, car toutes pratiques sexuelles indignes relèvent de la déshumanisation et la chosification de l’espèce humaine» se sont-ils offusqués. Aussi, leur acte, selon eux, vise à rassembler toutes les conditions nécessaires pour le bonheur humain au Faso. D’où leur appel aux autorités de la Transition afin que celles-ci soient regardantes sur la question. «Si toutefois, par contrainte ou par pression de l’Occident les autorités venaient à adopter la loi autorisant l’homosexualité au Burkina Faso, nous, les musulmans, répondrons proportionnellement à la gravité de l’acte» ont-ils menacé.
Mais en attendant, ils entendent mener des actions de sensibilisation à l’égard des fidèles et ce, très prochainement.
Cheick Omar Traoré

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *