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Catastrophe environnementale sur le site minier de Kalsaka: le gouvernement est entièrement responsable!

La Société minière Amara Mining, qui exploitait le site d’or de Kalsaka, a fermé ses portes depuis 2013. La société serait en liquidation judiciaire. Ce qui intrigue le plus, c’est qu’Amara Mining a laissé de gros trous béants d’une profondeur d’au moins 100 mètres aux populations de Kalsaka, dans lesquels des animaux tombent et meurent. Selon nos informations, le gouvernement serait responsable de cette situation.

Être un pays minier c'est bien. Mais il faut se préoccuper de la bonne gestion de l’environnement. C'est vital
Être un pays minier c’est bien. Mais il faut se préoccuper de la bonne gestion de l’environnement. La préservation de l’environnement est vitale

Le code minier est suffisamment clair sur les questions environnementales.

Durant la période d’exploitation, la société minière a l’obligation d’alimenter le fonds de restauration de l’environnement. Pour ce faire, elle ouvre et alimente un compte fiduciaire à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ou dans une banque commerciale du Burkina Faso. Dans ce compte, elle verse une certaine somme, dont le montant figure dans l’Etude d’impact environnemental, une des études préalables à l’obtention du permis d’exploitation. Cette somme servira à restaurer le site pour le rendre cultivable et habitable après la durée de vie de la mine.

Kalsaka a fermé après 6 ans d’exploitation. Mais 4 années après sa fermeture, les grands trous creusés restent en l’état. Une catastrophe environnementale sous le regard de l’administration. Pourquoi?

Selon nos informations, la société aurait cotisé dans un compte ouvert à la BOA. A la date du 31 décembre 2015, le solde était de 1,609 milliards de F CFA pour un montant prévu sur toute la durée de la vie de mine qui est de 1,679 milliards de F CFA. On suppose que le reste à payer correspond aux années de vie qui restaient pour la mine, puisqu’elle a fermé prématurément. On peut donc dire qu’Amara Mining est à jour de ses engagements pour ce volet. Mais il nous revient que la non-réhabilitation réside dans le mécanisme d’utilisation de ce fonds. Avant de quitter définitivement le Burkina, Amara Mining a tenté en vain d’avoir accès à l’argent pour débuter la réhabilitation. Elle a été confrontée à des difficultés parce que les ministères chargés des Mines, des Finances et de l’Environnement ne parviennent pas à s’accorder pour prendre une décision sur une démarche unique à adopter pour l’opérationnalisation de ce fonds. Pourtant, les intérêts des populations riveraines devraient l’emporter sur les tergiversations du gouvernement. La préservation de l’environnement est vitale.

Tout doit être mis en oeuvre pour qu'après la fermeture d'une mine, la gestion de l'environnement doit diligente
Tout doit être mis en œuvre pour qu’après la fermeture d’une mine, la gestion de l’environnement doit diligente

En s’intéressant au cas de Kalsaka, nous nous sommes rendu compte qu’un autre problème existe. Il concerne le non-suivi de l’alimentation dudit fonds par l’Administration publique. Alors que les sociétés minières devaient verser 23,950 milliards de F CFA, au 31 décembre 2015, seulement la somme de 9,110 milliards de F CFA avait été versée et le ministère des Finances ne fait rien pour exiger que les sociétés minières se mettent à jour. L’absence d’un suivi rigoureux ne permet pas de s’assurer que les versements dus ont été effectués et d’assurer l’efficience des activités de réhabilitation des mines. Supposons qu’une des sociétés non à jour ferme brusquement et quitte le Burkina, qui s’occupera de la restauration et avec quels moyens? Touchons du Bois. Quel Burkina certains gouvernants veulent-ils laisser aux futures générations si des précautions ne sont pas prises aujourd’hui?

En août 2016, le ministre de l’Environnement, de l’Economie verte et du Changement climatique, Nestor Bassière, a visité le site et promis que des mesures seront prises. Le nouveau décret portant réhabilitation des sites miniers, qui vient d’être signé, connaîtra le même sort que l’ancien, si les gouvernants s’illustrent par un manque de volonté.

Adoua Kassiro

2 commentaires

  1. Je partage l’analyse sur l’impact environnemental que la fermeture de la mine entraîne; cependant, il faut éviter d’entretenir la confusion entre l’Etat et le gouvernement. Pour comprendre, la mine est fermée depuis 2013 et le gouvernement est en place depuis moins de 2 ans.

    • Aucune confusion en mon sens juste une analyse profonde et vous comprendrez bien la problématique.
      L’Etat étant une continuité, il incombe au gouvernement nouvellement mis en place de relever les défis que leur prédécesseur n’ont pu relever. D’ailleurs, l’article stipule qu’en 2016 , le ministre de l’environnement, de l’économie verte et du changement climatique y était pour s’enquérir de la situation et a même promis de prendre des mesures pour le bonheur des populations. Presqu’une année après, où en somme nous?

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