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Contrebande de carburant pour terroristes : l’acte ne doit pas rester impuni

Décidément, le malheur des uns fait le bonheur des autres ! Pendant que des centaines de Burkinabè tombent sous les balles assassines des terroristes depuis 2015, pour d’autres, le terrorisme est un juteux fonds de commerce. Entre le 17 et le 20 septembre, 72 personnes ont été alpaguées pour contrebande aggravée, blanchiment de capitaux et corruption portant sur des milliers de litres de carburant. Elles ravitaillaient simplement les terroristes ou étaient de connivence avec eux afin de poursuivre allègrement leur pratique illicite. La traque des fugitifs se poursuit. Il appartient aujourd’hui à la justice de faire toute la lumière sur cette sordide affaire afin que les coupables soient châtiés à la hauteur de leur crime !

Koualou, ville béninoise à la frontière du Burkina, est le lieu de stockage du carburant en provenance du Nigéria. De là, des camions font route jusqu’à Ouagadougou, ravitaillant des dépôts illicites et alimentant également quelques stations-service dans les villes traversées en chemin. Selon les explications du Procureur du Faso, Harouna YODA, l’essence est transportée de nuit à bord de camions appelés “10 tonnes”. Dans ces camions spécialement aménagés, les trafiquants stockent entre 180 et 200 fûts de 200 litres chacun. Ils utilisent aussi des voitures berline démunies de leurs sièges arrière afin d’agrandir leur capacité à contenir les bidons de carburant de contrebande. La justice a été saisie suite à une dénonciation d’un citoyen auprès de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’État et de Lutte contre le Corruption (ASCE/LC) doublée d’une mission exploratoire de l’ASCE/LC dans la région de l’Est. La vaste opération du 17 au 20 septembre a permis d’interpeller 72 personnes, de saisir des pièces documentaires, des numéraires, une importante quantité de produits de contrebande, des moyens roulants et autres biens servant à la commission des faits, de sceller des stations-service et dépôts. Les principaux auteurs des faits de contrebande sont identifiés dans les régions de l’est, du centre est, du centre nord, du plateau central, du centre sud et du centre. Certaines personnes ont réussi à prendre la poudre d’escampette. La traque contre elles est lancée. Les fins limiers de la justice et les FDS doivent disposer des moyens nécessaires pour faire toute la lumière sur ces trafics et appliquer la rigueur de la loi aux contrebandiers et à leurs complices. C’est une grande œuvre de salubrité publique qui ne doit point souffrir de conjectures. La contrebande fait non seulement perdre d’importantes devises à l’État mais elle contribue surtout au financement et à l’expansion du terrorisme. Tout doit être mis en œuvre pour anéantir les capacités de nuisance des groupes terroristes. Les frapper au portefeuille, démanteler les différents réseaux de contrebande participent de cette stratégie.Tous les acteurs qui s’adonnent aux pratiques illicites et mafieuses doivent rendre gorge. Quelque soit leur niveau.
Jeremie Yisso BATIONO
Enseignant Chercheur
Ouagadougou

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