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Courtisés souvent, indésirables parfois

Une fois, à la présidence du Faso, à Kosyam donc, des journalistes ont été ‘’remerciés‘’ car n’ayant pas été conviés à couvrir une audience.

L’autre fois, au Premier ministère, ils ont été tenus à l’écart d’une rencontre entre le maître des lieux et des ‘’visiteurs’’.

Le week-end dernier, à Bobo, des chiens, comme les a appelés feu le président Mitterrand, ont fait le pied de grue pour une rencontre entre Gorba, le président par intérim du MPP, et des responsables de ladite formation politique de la région de Bobo.

Hier matin, les journaleux ont appris qu’ils n’étaient pas conviés à l’audience entre Simon et les policiers radiés sur place.

Des journalistes présents à une conférence de presse.
Des journalistes présents à une conférence de presse.

Beaucoup de fois donc, des journalistes ont été humiliés comme s’ils étaient des voyeurs ou de vulgaires rapporteurs de commérages. Rameutés et choyés souvent, on se moque d’eux quelques fois. «Eh, oh, vous les journalistes-là, qui vous a appelés ici?»

Bonnes gens, pensez-vous que c’est de gaieté de cœur que des reporters ont quitté leurs couchettes dès potron-minet pour être à un rendez-vous à 6 heures du mat au centre-ville de Ouaga? Un peu d’égards quand même pour des gens qui vous font voir!

Le journaliste n’est pas dans le secret des dieux pour voir ce qui se trame entre les murs des institutions ou des cabinets ministériels et savoir qu’il s’y organise une rencontre tel jour et à telle heure. Si donc vous voyez des gratte-papiers grouiller autour de vos locaux, c’est qu’ils y ont été conviés. Entendez-vous donc, avant de lancer vos invitations.

Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que les journaleux n’ont pas que vos activités à couvrir. Ils sont mêmes contraints de faire des choix, tant des activités qui se tiennent le même jour et à la même heure sont nombreuses.

Quid alors des principes de la transparence. Pourquoi ce traitement réservé aux journalistes? Que cache-t-on? Pourquoi l’accès à certaines informations est aussi difficile dans un pays qui se veut démocratique? La rétention de l’information n’est pas un bon mode de gouvernance. Tout finit par se savoir. les journalistes sont-ils toujours considérés comme un danger potentiel ou des bêtes noires dans notre pays? Sinon pourquoi les inviter à table puis leur refuser assiettes et cuillères sous prétexte qu’ils en sauront trop sur le menu!

Je n’en voudrai pas à un journaliste qui aura débarrassé le plancher dès la première récrimination…

Lougouvinzourim

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