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Crise politique au Burkina : l’analyse de responsables politiques

Le Burkina Faso, traverse une crise politique sans précédent. En moins d’une année, le pays a connu deux coups d’Etat dont le dernier en date est celui du 30 septembre 2022. Au lendemain de ce coup de force qui a porté à la tête du pays le capitaine Ibrahim Traoré, la parole a été donnée à des responsables, qui ont fait une analyse de la situation.

Me Bénéwendé Stanislas Sankara : « Il s’est écarté totalement de sa mission et de celle de l’armée »

Comme j’ai l’habitude de le dire, toute révolution a un début. Mais quand le peuple n’est pas satisfait de la façon dont les gouvernants le dirigent, il prend ses responsabilités, et il s’assume. Toute révolution peut dans la durée et au regard des sacrifices que le peuple consent, arriver à une victoire certaine, parce que c’est le peuple lui-même qui prend en main son propre destin. Cela a été le cas le 4 août 1983, les 30 et 31 octobre 2014, le 3 janvier 1966 et c’est également ce à quoi nous assistons depuis le 30 septembre 2022. L’erreur du lieutenant-colonel Damiba, est que malheureusement nous avons assisté à une véritable politique de démagogie fondée sur le mensonge mais aussi sur le manque d’humilité avec un mépris total affiché au peuple avec des propos vexatoires. Rappelez-vous des termes employés par Damiba lui-même, quand il dit : « que celui qui est fort vienne faire son coup d’Etat et faire ce qu’il veut », c’est méprisant et c’est mal connaitre le peuple burkinabè. Finalement, il s’est écarté éperdument du contrat social qui a justifié le coup d’Etat du 24 janvier. Il s’est écarté totalement de sa mission et de celle de l’armée. C’est ce qui explique ce que le capitaine Ibrahim Traoré qualifie depuis le 30 septembre de trahison, faite à l’armée et au peuple burkinabè. Ainsi donc les jeunes officiers ont pris leurs responsabilités pour recadrer la Transition, la mettre sur des rails et cela dans une démarche inclusive et participative de toutes les composantes du peuple burkinabè. Cela est salutaire, puisque ce recadrage entre en droite ligne de ce que nous avons toujours dit dans nos discours, dans nos propos suggérés. Malheureusement on a été toujours considéré comme ennemi à abattre et non comme des Burkinabè qui veulent simplement le bien de ce pays par leurs idées, par leurs propositions. Ce recadrage qui justifie la révolution de palais du 30 septembre 2022, de notre humble avis, a besoin du soutien de tout le peuple, si nous voulons réussir la Transition et rétablir un ordre constitutionnel, fondé sur une véritable démocratie, pluraliste, à même d’être le socle de la construction de notre pays le Burkina Faso, dans la paix, la sécurité et dans un développement participatif et harmonieux. Voilà la raison pour laquelle, l’UNIR/MPS appelle l’ensemble de ses militants et le peuple burkinabè à soutenir la marche, le mouvement en quête de sa démocratie, pour que très rapidement, nous travaillions ensemble afin que l’armée retrouve ses missions régaliennes en retournant purement et simplement dans les casernes.

Que l’armée soit réformée de façon efficace, afin d’être plus opérationnelle pour affronter le terrorisme et le vaincre avec le peuple désormais unis comme un seul homme et debout comme face à son destin. L’UNIR/MPS y croit fermement parce que chaque fois nous disons : « pas un pas sans le peuple et qu’avec le peuple la victoire est possible ». Nous continuions à nous battre en fonction de notre idéal de vérité, de justice et de paix pour ce pays. De ce point de vue c’est une longue marche historique qui commence pour le Burkina Faso et nous espérons que main dans la main, les fils du Burkina Faso, vont assumer leur destin devant l’histoire.

François Zangré, coordonnateur de la composante autres partis politique du Burkina : « L’armée ne doit pas avoir d’intérêt personnel » 

Il faut comprendre que le peuple Burkinabè depuis plusieurs années était confronté à un défi sécuritaire qui a occasionné tant de déplacés et des pertes en vies humaines. Fort de ce constat, nous avions assisté à partir du 24 janvier 2022, à l’avènement du MPSR, annonçant ainsi une autre dynamique et freinant le processus démocratique que le peuple burkinabè avait amorcé. La seule raison étant de restaurer notre territoire qui est en proie au terrorisme. Le peuple depuis la venue de cette composante armée, continuait de subir les exactions de ces terroristes à tel point qu’on se demandait ce qu’il fallait faire dans cette situation. Il y a quelques jours de cela, ladite composante annonçait des dérives au sein de leur mouvement, ce qui l’a amené à repenser autrement sa structuration.

Ainsi nous avons assisté le 30 septembre à la prise du pouvoir par le capitaine Ibrahim Traoré. Je pense qu’à l’état actuel nous ne pouvons que lancer un appel d’entente surtout du côté militaire. C’est vraiment important parce que si l’armée qui était censée sécuriser notre Etat, change de direction c’est très inquiétant. Donc je demande à l’armée de façon générale de s’entendre car le peuple burkinabè n’aspire qu’à la quiétude et à un développement meilleur dans son quotidien. L’armée ne doit pas avoir d’intérêt personnel, elle doit comprendre que c’est la volonté populaire qui prévaut sur tout. Aussi la communauté internationale notamment la France doit savoir que les jeunes de maintenant n’ont pas les mêmes mentalités que ceux des années 60. Le peuple veut être indépendant à tout point de vue. Dans cette dynamique la France ne doit pas avoir un rôle partisan à jouer dans notre pays. Elle doit nous laisser résoudre notre problème nous-même. Ce que la communauté internationale peut faire c’est nous soutenir.

Salam Sawadogo, président Rassemblement des mains blanches (RMB) : « Je voudrais saluer le courage de nos jeunes militaires pour leur engagement patriotique »

Je voudrais saluer le courage de nos jeunes militaires pour leur engagement patriotique et leur apporter mon soutien indéfectible car la génération nouvelle à son expertise à apporter au développement de notre chère patrie le Burkina Faso. Je soutiens le capitaine Ibrahim Traoré et tout le peuple Burkinabè pour cette noble lutte. Je demande aux FDS sans distinction de corps à rester soudé pour l’intérêt supérieur de la Nation. Quant à la communauté internationale, je leur demande d’accompagner les nouvelles autorités vers une sortie favorable de crise car ce coup d’Etat répond aux aspirations du peuple burkinabè. Nous demandons aux nouvelles autorités de ne ménager aucun effort pour retrouver l’intégrité territoriale. Je profite de cette occasion pour saluer la mémoire des FDS et des civils tombés sous les balles assassines et souhaiter prompte rétablissement aux blessés. Dans ce moment critique, nous devons une fois de plus rester solidaire entre nous peuples burkinabè et particulièrement avec les PDI. C’est dans la solidarité que nous devons relever les défis de l’insécurité, la crise économique.

J’invite le nouveau président du MPSR à se démarquer de toutes sortes de clans et rester impartial pour réussir sa Transition afin d’écrire positivement son nom aux côtés des grands hommes qui ont marqué l’histoire de notre pays.

Didier Nikiema

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