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Justice militaire: les premières auditions ont eu lieu

Près de trois mois après l’échec du coup d’Etat mené par le général Gilbert Diendéré et son tristement célèbre Régiment de la sécurité présidentielle désormais ex-RSP, les choses commencent à bouger au niveau de la Justice militaire en charge du dossier.

L’audition du général Bassolé a buté sur les écoutes téléphoniques, tandis que celle du général Diendéré est prévue pour ce week-end.
L’audition du général Bassolé a buté sur les écoutes téléphoniques, tandis que celle du général Diendéré est prévue pour ce week-end.

C’est par l’audition du général de la gendarmerie Djibrill Yipéné Bassolé que l’institution que dirige Sita Sangaré a lancé l’instruction. En effet, après la polémique née des écoutes téléphoniques et la sortie du chef de l’exécutif Yacouba Isaac Zida qui confirme leur authenticité, le juge d’instruction en charge du dossier a eu son premier rendez-vous avec l’un des généraux accusé de complicité avec les putschistes. Considérée dans les sphères de la justice comme une prise de contact entre le juge et l’inculpé, cette audition n’a duré que quelques heures. Les avocats de Bassolé ont dénoncé un vice de procédure.

Les écoutes téléphoniques, nœud d’un report
Le général Djibrill Yipéné Bassolé, inculpé par la Justice militaire dans l’affaire du putsch déjoué du 16 septembre, a été auditionné dans la journée du mardi 08 décembre par le juge d’instruction en charge du dossier. Selon une source proche du dossier, cette audition, qui intervient plus d’un mois après son arrestation, avait pour objectif de prendre contact avec l’accusé. Quant à l’audition au fond qui marque officiellement l’ouverture du dossier, elle a été reportée à une date ultérieure. Ce report s’expliquerait par le refus catégorique des avocats de Bassolé d’autoriser le versement des «écoutes téléphoniques» qu’ils ont qualifiées «d’éléments à charges dont l’authenticité reste à confirmer» dans le dossier qu’ils ont en mains.
Notons qu’après l’annonce de cette audition, dame rumeur avait fait cas d’une demande de mise en liberté provisoire. Cette information a été démentie par la Justice militaire qui précise qu’aucune demande de mise en liberté n’a été enregistrée par ses services.
En rappel, le général Bassolé avait été interpellé dans le cadre de l’enquête sur le coup de force perpétré le 16 septembre dernier par des soldats de l’ex-RSP, et incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction des armées. Parmi les charges qui pèsent sur lui, il y a l’attentat à la sureté de l’Etat et la connivence avec des forces étrangères et «djihadistes».
Pour sa défense, le général Bassolé a engagé une pléiade d’avocats dont six étrangers qui ont été évincés du dossier. En réaction à cette décision qu’ils jugent «inacceptable», une requête a été introduite par ces derniers auprès de la Cour de justice de la CEDEAO et de l’UEMOA.

Dans l’affaire du putsch manqué, le général Gilbert  Diendéré est accusé de crime contre l’humanité
                Le général Gilbert Diendéré

Diendéré attend ce week-end
Quant au général Gilbert Diendéré, «cerveau» de ce coup de force, sur lequel pèsent une dizaine de chefs d’inculpations, son audition serait prévue pour se tenir ce week-end. Ces derniers jours, plusieurs écoutes téléphoniques jusque-là non authentifiées et qui circulent sur les réseaux sociaux mettent en scène l’ancien bras droit de Blaise Compaoré et des supposés soutiens, dont l’un de ses fils à qui il explique la reddition de ses hommes les plus fidèles. Selon le patron de la Justice militaire, Sita Sangaré, qui a animé son premier point de presse en octobre dernier, si les charges retenues contre lui sont confirmées, le général Gilbert Diendéré risquerait la peine de mort.
W. DAVY

Un commentaire

  1. Veuillez libérer Djibrill Bassole il est innocent

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