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Kémi Séba : doit-on réellement l’interdire de territoire ?

Nous sommes en droit de nous poser cette question. En effet, ce samedi 14 mai, Kémi Séba, leader de l’ONG Urgences Panafricanistes, s’est rendu à Ouagadougou, à la Maison du Peuple, lors de sa tournée africaine anti-française. Il s’y est mis en scène, notamment en expulsant une journaliste franco-burkinabè. Que s’est-il passé cette fois pour qu’on le laisse rentrer sur le territoire alors que nous l’avions expulsé lors de sa dernière apparition en octobre 2021 au motif de « déstabilisation du pays » ?

Kémi Séba est une équation difficile à résoudre. Manipulateur hors-pair, il est maître des mots avec lesquels il jongle toujours à la limite de l’outrage. Pour rappel, déjà en 2019, il avait été condamné après des propos jugés offensants contre Roch Marc Christian Kaboré qu’il avait accusé d’être aux ordres de Paris. Suite à cet événement et celui d’octobre 2021, nos autorités ont décidé de donner une ultime chance au trouble-fête.

Il est vrai que de nos jours, interdire l’accès au territoire à Kémi Séba induit, de son point de vue, un positionnement « vassal du néo-colonisateur français » (pour reprendre ses termes). La position de nos autorités, souhaitant éviter cette étiquette, devient alors tout à fait concevable. Lui permettre de se livrer à sa pantomime est toutefois accepter qu’il s’adonne à la manipulation dans le seul but de créer le désordre et reflète une image tronquée du Burkina Faso. C’est ce qui s’est passé avec l’épisode de la journaliste TV5 Monde, Fanny Naoro-Kabré, ce samedi 14 mai. Officiellement invitée par les organisateurs qui lui ont donné accès à la salle, elle y a attendu le roi Séba en retard de deux heures sur l’horaire prévu. Son invitation ne fût qu’une manœuvre de subversion, nous l’avons maintenant bien comprise.

Sans cette expulsion, comment aurait-il pu faire le buzz devant une salle si faiblement remplie ?

C’est toute l’intention de cet article qui met en relief l’absence de mansuétude, le racisme du personnage au motif que le média TV5 Monde est pro-français. Pourtant naturalisée Burkinabè, la couleur de peau de cette journaliste, seule « blanche » de l’auditoire, a semblé être un motif aggravant conduisant à son expulsion. Depuis quand la tolérance n’est plus l’essence du panafricanisme ? Malheureusement pour nous, cet affront s’est déroulé sur notre sol et cette récidive fâcheuse ne peut que nous mettre dans l’embarras.

Si on refoule Kémi Séba du Burkina Faso, on passe pour pro-Français. A l’inverse, si on l’accepte, on s’assoit sur tous nos principes. Nous sommes quand même le Pays des Hommes Intègres ! Rappelons-nous que Kémi Séba est supporté et financé par Evgueni Prigogine, actionnaire majoritaire du groupe Wagner qui commet nombre d’exactions de par le monde. Sa radicalité nous laisserait penser qu’il est préférable, pour la prospérité de notre nation, d’éviter tout contact avec ce type de personnage. Alors qu’il annonce revenir le 21 mai pour « libérer le pays », prenons les dispositions nécessaires afin d’éviter de plonger le pays dans une guerre civile. Nous avons besoin aujourd’hui d’une unité derrière notre drapeau afin de retrouver notre prospérité d’antan et non d’ajouter des problèmes à nos problèmes.

Issa Bâ
Etudiant en journalisme

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