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La chute du sphinx de Koso-yam ou Les secrets d’une insurrection de Jean Philippe Tougouma.

Dois-je le dire? Vais-je le dire? Voilà ce qui a semblé triturer l’esprit de l’auteur Jean Philippe Tougouma, journaliste aux Editions Sidwaya dans l’écriture de son premier roman intitulé “La chute du sphinx de Koso-yam ou Les secrets d’une insurrection”. C’est une œuvre de 355 pages subdivisée en 17 parties les unes liées aux autres.

Le journaliste Jean P. Tougouma, des Éditions Sidwaya dédicaçant un ouvrage (photo: burkinademain.com)
Le journaliste Jean P. Tougouma, des Éditions Sidwaya, dédicaçant un ouvrage (photo: burkinademain.com)

De la titraille, on peut tout de suite se dire “wai, il me faut ce roman pour revivre les temps forts de l’insurrection et surtout savoir le pourquoi du comment…”. Et c’est là que le lecteur se retrouve dans un brain-storming ‘’violent’’ un remue-méninge basé sur le verlan et sur des changements de noms des personnalités depuis la révolte de 1966 en passant par la Révolution du 4 août 83 jusqu’au règne de Blaise Compaoré.

L’auteur, volontairement, n’a pas voulu rendre la tâche facile aux lecteurs, quand Blaise Compaoré devient Basile Compaoré, Kosyam devient Koso-yam, Thomas Sankara transformé en Thamos Sankara, le général Yacouba Isaac Zida en Yabouka Zida, etc. Il faut se faire à tout cela en abordant  l’œuvre de notre confrère Tougouma.

L’auteur, il faut le souligner, semble faire du “Ahmadou Kourouma” sans avoir le courage à toute épreuve de feu Ahmadou Kourouma; car Philippe Tougouma se refuse à appeler un chat un chat. Il préfère le nommer “mouss” comme cela se dit dans le langage courant.

Dans les pages de son ouvrage, on voit clairement toute la gymnastique intellectuelle qu’il a dû s’imposer pour essayer de fictionnaliser des faits que tout le monde pense connaître. Et cela a l’avantage de pousser le lecteur à ne pas décrocher en pensant que plus loin il va avoir ce qu’il attend, les vrais secrets de l’insurrection surtout avec tout ce qui se dit sur la Transition et son Premier ministre le général Zida. En qualifiant Blaise, pardon Basile Compaoré pour être dans son tempo de sphinx illustré par la photo d’un chat en page de couverture, l’auteur semble être lui-même un sphinx écrivain qui sait entrainer le lecteur jusqu’au bout de son œuvre. En sommation de l’esprit général romanesque de La chute du sphinx ou les secrets d’une insurrection, on peut dire qu’il est ‘’lezba’’, balaise en verlan.

Ousmane Hébié

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