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Le mauvais jeu du Groupe municipal UPC de Ouagadougou

Au nom des conditions de vie actuelles et de la morosité économique, le Groupe municipal UPC de Ouagadougou de concert avec les conseillers municipaux du CDP se sont maladroitement opposés à la fixation de nouveaux prix des infrastructures de la mairie. Plutôt que de travailler en amont à ajuster les prix et à défendre «le pauvre et l’orphelin», ils ont préféré s’abonner à la politique de la chaise vide – non participation à une commission ad hoc – avant d’inviter sournoisement les commerçants à la révolte. Une supercherie intelligemment réfutée par les citoyens qui dénoncent une politique opportuniste et populiste.

Groupe municipal UPC en conférence le 21 mars dernier
Le groupe municipal UPC en conférence de presse le 21 mars dernier

Le communiqué de presse des conseillers municipaux de l’Union pour le progrès et le changement (UPC)  le vendredi après-midi était une forme d’incitation des marchands à la révolte. Après avoir boycotté la rencontre censée réviser les prix de loyers d’espaces et d’immeubles appartenant à la commune de Ouagadougou, ils ont alerté l’opinion en ces termes: «étant donné que ces nouvelles tarifications, si elles sont entérinées puis votées en plénière, vont contraindre de nombreux commerçants ouagavilliois à fermer boutiques, le groupe municipal UPC se fait un devoir d’attirer l’attention de l’opinion publique: ces mesures vont contribuer à rendre la vie plus chère».

Exemples à l’appui, ils ont donné l’impression qu’il y avait arnaque et injustice criarde en gestation au niveau de la commune de Ouagadougou. Des pourcentages pharamineux –«1428 pourcent, cent pourcent, 625 pourcent de taux d’augmentation»- ont été donnés pour convaincre les septiques de la gravité de la situation. Dans un contexte déjà difficile marqué par l’incivisme, le manque d’emploi et la morosité économique, le Groupe municipal UPC de Ouagadougou venait de mettre ainsi l’huile sur le feu au nom du populisme et de l’opportunisme politique. Car même si la mairie a failli dans sa communication et dans le respect des procédures, pourquoi les conseillers de l’opposition ne sont-ils pas restés à la réunion de la Commission affaires économiques et financières de la commune de Ouagadougou pour dénoncer les mesures en vue avec de solides arguments et des propositions contraires?

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L’hôtel de ville de Ouagadougou

Qui plus est, selon le maire, Armand Pierre Beouindé, les propositions mises sur la table des échanges ne sont pas tombées du ciel. Elles viennent d’une commission ad hoc mise en place depuis janvier 2017 afin de revoir l’optimisation des recettes non fiscales de la ville. «Cette commission ad hoc, a-t-il précisé, est composée des onze maires d’arrondissements et de la délégation spéciale de l’arrondissement numéro quatre. Parmi ces maires d’arrondissements, il y a bien sûr ceux de l’opposition, UPC».

C’est donc dans cette Commission que les conseillers contestataires devaient faire valoir leurs idées et leurs propositions concrètes plutôt que d’attendre le dernier moment pour protester et gagner en popularité. La participation de l’opposition au débat démocratique doit allée au-delà des calculs politiciens et s’inscrire dans la vérité et la justice.

Certes, il faut être juste et raisonnable dans la fixation des prix pour ne pas brimer les honnêtes citoyens. Mais doit-on laisser des individus exploiter presque gratuitement des années durant des espaces et immeubles appartenant à la mairie pendant que celle-ci a du mal à mobiliser des ressources pour son fonctionnement? Faut-il mettre à mal le développement local en faisant des faveurs à des saprophytes, récompensés politiquement par le régime Compaoré? Bien sûr que non, puisque rien ne sera plus comme avant!

Au contraire les populations s’attendaient à ce que les conseillers de l’opposition soucieux de la transparence dans la gestion de la chose publique soient les premiers à dénoncer la spéculation, le désordre et le manque de transparence qui prévalent dans les locations des infrastructures de la mairie.

Dommage que certains politiques préfèrent les raccourcis aux confrontations d’idées. Ce n’est pas bon pour la démocratie. Mais il est encore temps de changer de stratégie.

Théophile MONE

Un commentaire

  1. Lorsque je lis l’article”le mauvais jeux du groupe municipal upc” je suis obligé de dire que la réponse est très légère. Je me souviens que pendant la transition, un avant projet de loi avait été conçu en vue de plafonner les loyers pour combattre la vie chère. Dites moi si les taux que vous appelez “exorbitant” ont été imaginé par les accusés ? Cependant, on peut de concert avec les occupants des boutiques ajuster les prix surtout qu’au départ ceux qui étaient sensés occuper ces boutiques étaient des petits commerçants qui se “cherchaient”. Ce que je déplore, c’est le fait que l’autorité en dénonçant un fait, au lieu de retablire le droit, se met dans la situation des delinquants . N’est ce pas le rôle de l’autorité de combattre l’injustice? L’UPC est dans son rôle en s’opposant et en pratiquant la politique de la chaise vide pour éviter qu’on dise encore qu’il étaient à la table de décision parceque on dira pas que ses représentants se sont opposés ! Mr Le Maire, trouvez un autre moyen pour renflouer vos caisse. Ne donner pas raison aux marchants de sommeil . En économie, les investissements sont amortis donc songez a construire d’autres boutiques pour permettre aux petits commerçants a se panouir.

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