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Levons le voile sur une dame étoile créatrice de toiles !

L’art, ce domaine longtemps réservé aux hommes et aux opulents est sur le point de prendre une nouvelle dimension avec l’évolution. Rénée Belemviré/Compaoré mère et femme au foyer a fait de ce domaine sa passion et aussi sa profession. Femme battante et autodidacte, elle a réussi à émerveiller les burkinabè à maintes reprises avec ses œuvres. L’une de ses créations rachetées par la présidence au Faso a été offerte comme présent à Kigali. Dans l’optique d’en apprendre plus sur cette épique dame, nous avons posé nos valises à Somgandé.

Quand dans son parcours, on vient à faire une rencontre avec l’art, il nait parfois un amour qui à son tour engendre beauté, bonheur et montée d’émotions. L’art, madame Belemviré l’a rencontré et ce, depuis sa tendre enfance. « Dès le jeune âge, je vouais de la curiosité pour tout ce qui touchait l’art», confie-t-elle. Et à force de le côtoyer et de l’admirer, il est né un grand lien entre eux. C’est ainsi qu’en classe de CM2, elle remporta un premier prix de création artistique organisé par son établissement. Elle venait ainsi de faire sans le savoir ses premiers pas dans le précieux monde de la création.
De nos jours, Renée Belemviré continue de pratiquer sa passion et avec plus de créativité. Ses œuvres sont la plus part conçues sur des toiles batiks. Un domaine de l’art composite qui consiste à recueillir des matériaux en pierre, en tissus et autre pour concevoir une scène animée. Il s’agit selon elle, de communiquer avec le reste du monde à travers des images. L’art est un domaine mal compris et parfois mal vu dans nos sociétés surtout lorsqu’elle est pratiquée par une femme. Raison pour laquelle notre artiste a rencontré pas mal de difficultés dans son parcours. Ainsi, dès ses premières tentatives elle aura été associée à une folle. « En me promenant un jour, j’ai ramassé des cailloux que j’ai ramené à la maison. Une voisine est venue me trouver en train de les laver et m’a dit : voilà, sa folie s’est encore réveillée… ».
Malgré les dires et les difficultés, elle a su se dépasser et enjamber tous ces remparts pour exprimer sa passion grâce au soutien indéfectible de sa famille. « J’ai une famille vraiment formidable qui me suit partout et qui me pousse vraiment à exceller dans tout ce que je fais » a-t-elle révélé. Selon elle, c’est grâce à l’appui de son époux qu’elle a réussi à aller au bout de sa passion: « J’ai pris une toile d’une dimension d’environ 20 ou 30 cm et j’ai essayé d’animer la scène. Monsieur est arrivé du boulot et m’a demandé où est-ce que j’avais acheté cela. Je lui ai dit que je ne l’ai pas acheté, je l’ai fait moi-même. Il m’a dit : ok dans ce cas il faut recommencer (…). Il m’a fait recommencer cela quatre fois et m’a dit : si c’est ce qui te plaît, alors vas-y ». C’est donc dire qu’en plus de constituer un pilier dans sa lutte, sa famille représente aussi ses premiers critiques.
Armée de son courage, de sa passion et du support de sa famille l’autodidacte va parvenir à concevoir des grandes productions et à participer à de nombreux forum. C’est ainsi qu’en 2017, elle va réussir, une exposition qui avait connu la présence de plus d’une centaine de participants à la Maison de l’Entreprise du Burkina Faso (MEBF). Exposition qui comptait plus de 25 œuvres évoquant des sujets d’ordre locaux à savoir le reflet de la faune, la vie des femmes au Burkina ou encore l’histoire de la princesse Yennega. L’année suivante, en 2018, elle connaitra une expérience encore plus enrichissante. « J’ai voulu avoir l’approbation du public donc j’ai exposé au SIAO et waouh comme disent les gens, c’était vivace. Très enrichissant aussi parce que tu voyages tout en étant sur place. » Et grâce à la qualité de ses œuvres, elle va durant son exposition recevoir la visite du ministre de l’art de la République de Côte d’Ivoire. De succès en succès, elle sera primée au sortir de son exposition au SIAO. « J’ai participé à un concours organisé par le SIAO et j’ai présenté une œuvre que j’avais intitulé ‘’Sous l’arbre à palabre’’ et cette œuvre a été primée par le système des Nations Unis à hauteur de 1.000.000 de FCFA. J’ai aussi eu un trophée pour la paix», a-t-elle dit. Rappelons que l’œuvre ’’Sous l’arbre à palabre’’ ainsi que d’autres de ses oeuvres se trouvent actuellement dans plusieurs pays africains.
Fadhel Sawadogo

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