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L’hypertension artérielle, le tueur silencieux

Plus d’un milliard de personnes sont hypertendues dans le monde. Au Burkina Faso, les études ont montré que dans la population adulte, plus de 40% de personnes présentaient de l’hypertension artérielle (HTA) qui se définit comme une pression artérielle systolique supérieure ou égale à 140 millimètres de mercure et où une pression artérielle diastolique supérieure ou égale à 90 millimètres de mercure. Comment se manifeste-elle? Qui sont les personnes à risques? Comment la traiter? Médecin cardiologue exerçant à l’hôpital Schiffra de Ouagadougou, docteur Jacob Sawadogo répond à nos questions.

Dr Jacob Sawadogo

Les Echos du Faso (LEF):  Comment l’hypertension artérielle se manifeste-elle?

Dr Jacob Sawadogo (Dr J. S): Il n’y a pas de signes propres à l’HTA et c’est toute la problématique. D’où l’appellation des anglo-saxons «le tueur silencieux» parce qu’on peut faire de l’hypertension très sévère et ne présenter aucun symptôme. Mais dans quelques rares fois, il y a des symptômes: les céphalées le plus souvent frontales matinales qui peuvent varier en fonction des sujets. Des céphalées qui sont soulagées au début par des antalgiques, mais qui peuvent résister après. Il y a aussi des bourdonnements d’oreille, un flou comme un voile au niveau des yeux. Ce sont des symptômes qu’on peut rencontrer mais qui ne sont pas propres à l’HTA et qui ne sont pas malheureusement rencontrées dans toutes les situations de HTA. Ce sont les complications qui vont faire remonter jusqu’au diagnostic de l’HTA.

 

LEF: Quels sont les facteurs de risques?

Dr J. S: Il y a deux grands groupes: le groupe des facteurs de risque non modifiables et celui des facteurs de risque modifiables.

Facteurs de risques non modifiables

Ce sont les facteurs sur lesquels nous ne pouvons absolument rien faire. Il s’agit des facteurs liés à l’âge qui est le facteur le plus déterminant, des facteurs liés au sujet lui-même et à sa génétique.

Facteurs de risques modifiables

Il y a plusieurs éléments:

  • La consommation excessive de sel de cuisine: selon l’OMS, il faut consommer 4 à 6 g de sel par jour. Dans nos ménages, on est quelque fois à 12 g voir 18 g peut-être par personne, voire plus;
  • L’obésité tout comme le surpoids;
  • Le diabète;
  • La sédentarité;
  • Le stress;
  • Le trouble de métabolisme des graisses;
  • Le tabagisme;
  • La consommation excessive d’alcool.

 

LEF: Qui sont les personnes à risques?

Dr J. S: – Les personnes de sexe masculin. Jusqu’à ce que la femme atteigne la ménopause pour égaliser l’homme, sinon avant la ménopause la femme est moins à risque de l’HTA;

  • Le capital génétique: l’HTA n’est pas héréditaire, mais la disposition ou la prédisposition à développer cela peut se retrouver au niveau des gènes.

 

LEF: Comment traiter l’HTA?

Dr J. S: Il se fait à plusieurs niveaux. Le premier niveau de traitement, c’est ce qu’on appelle les mesures hygiéno-diététique. Il faut que le patient réduise la consommation de sel, d’alcool, qu’il arrête de fumer. Il faut qu’il travaille à perdre du poids, lutter contre la sédentarité et ça s’applique à toute personne qui fait de l’HTA.

Ce premier niveau suffit pour certaines personnes à normaliser leur tension artérielle sans médicaments. Mais si au bout de trois mois on n’a pas les résultats, on doit compléter avec des médicaments hypertenseurs qui ne viennent pas remplacer ces mesures, mais qui viennent les compléter.

Il y a d’autres niveaux de traitement: le traitement chirurgical qui consistait à faire la dénervation rénale, c’est-à-dire supprimer les nerfs au niveau des reins pour agir sur la tension artérielle. Mais ce ne sont pas des pratiques qui sont courantes.

Il y a certains patients qui pensent que parce qu’ils sont jeunes et comme le traitement de l’HTA est à vie, ils ne vont pas commencer tout de suite à prendre le traitement. Ils veulent retarder parce qu’ils estiment que c’est trop précoce. Il faut savoir que ce n’est jamais trop tôt pour commencer un traitement si c’est une hypertension avérée. Plus vite on commencera le traitement, plus tôt on préviendra les complications. Le traitement n’est pas décidé en fonction de l’âge de la personne mais en fonction de sa situation à elle seule parce qu’il n’y a pas que les chiffres tensionnels qui interviennent dans le traitement. On tient compte de l’évaluation du risque global.

 

LEF: Est-ce que le traitement de l’HTA entraine une insuffisance rénale?

Dr J. S: L’insuffisance rénale est une complication possible de l’HTA et non du traitement de l’HTA., mais c’est l’hypertension elle-même surtout quand elle n’est pas prise en charge. Ce ne sont pas les médicaments de l’HTA qui vont entrainer une insuffisance rénale.

 

LEF: Quelles peuvent être les complications de l’HTA?

Dr J. S: Quand elle n’est pas prise en charge, l’HTA peut entrainer des complications qui existent à plusieurs niveaux:

  • Les complications au niveau du cerveau: un AVC qui est la complication qu’on rencontre souvent, quoique l’HTA n’est pas la seule cause de tous les AVC;
  • Au niveau des yeux;
  • Au niveau du cœur et des vaisseaux: insuffisance cardiaque, une cardiopathie istémique;
  • Au niveau des vaisseaux;
  • Au niveau rénal.

 

Madina Belemviré

 

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