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Libération de Roch Marc Christian Kaboré : malgré le refus de l’autorité, ils ont manifesté quand même

Suite au refus de l’autorité de leur accorder l’autorisation pour manifester au Rond-point des droits humains, les partisans de l’ex-président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, se sont retrouvés au Conseil burkinabè des chargeurs (CBC) où ils ont manifesté pour réclamer la libération de leur leader, qui selon eux, est détenu dans son propre domicile par la junte qui l’a renversé du pouvoir le 24 janvier dernier. En lieu et place du meeting pacifique, ils ont tenu une assemblée générale qui est le plan B trouvé par la Coordination des organisations pour la libération de Roch Marc Christian Kaboré, pour se faire entendre. C’est ce samedi 28 mai 2022.  

Le porte-parole de la coordination, Désiré Guinko fustige la junte au pouvoir

Roch Marc Christian Kaboré est en prison. Il est détenu dans son propre domicile par la junte militaire qui l’a renversé le 24 janvier dernier. Ses partisans sont convaincus, et désapprouvent le sort qui lui est réservé. Afin de le voir libre, ses partisans regroupés au sein de la Coordination des organisations pour la libération de Roch Marc Christian Kaboré, ont tenu une assemblée générale pour exiger sa libération. Au départ, c’était un meeting géant et pacifique qui était prévu pour se tenir au Rond-point des droits humains. Faute d’avoir obtenu l’autorisation, malgré la demande qui a été faite, les organisateurs de la manifestation, qui ont tenu à se faire entendre quel que soit la situation, ont transformé le meeting en assemblée générale qui s’est tenue finalement au CBC.

Pour la Coordination des organisations pour la libération de Roch Marc Christian Kaboré, le refus des autorités de leur accorder l’autorisation de manifester pacifiquement au Rond-point des droits humains, vient démontrer aux yeux du monde les intentions inavouées et les calculs malsains de la junte militaire qui ne visent qu’à faire de l’ex-président du Faso, un otage dans son propre pays. Il est temps que ces manœuvres déshonorantes s’arrêtent a indiqué le porte-parole de la Coordination, Désiré Guinko qui estime que la libération réelle et totale de Roch Marc Christian Kaboré demeure une question non négociable. « Elle doit prendre fin immédiatement. Ce spectacle n’est point à l’honneur de notre pays », a-t-il soutenu. Au nom des organisations de la société civile qui forment la coordination dont il est le porte-parole, il a réitéré leur exigence de voir l’ex-président immédiatement libre de tous ses mouvements. D’un ton un peu plus menaçant, le président de l’AG affirme que si dans un bref délai leur exigence n’est pas prise en compte par la junte au pouvoir, la lutte pacifique et citoyenne que mène la coordination, s’étendra dans toutes les 45 provinces du Burkina Faso. Sans porter la responsabilité, Désiré Guinko, rappelle au MPSR et son président le lieutenant-colonel, Paul-Henri Sandaogo Damiba, selon ses mots, qu’ils devront assumer toutes les conséquences de cette situation. Pour sa part, il dit espérer de voir leurs cris de cœur entendus par les autorités de la Transition. De l’assurance qu’il donne si à 12 heures, Roch Marc Christian Kaboré est libéré réellement, la coordination, sera dissoute à 12 heures 10 minutes. Fidèle aux valeurs démocratiques si on s’en tient à ses dires, il a lancé un appel à tous les patriotes engagés pour la défense des libertés, à rejoindre le front commun. Désiré Guinko soutient : « notre combat se veut pacifique et républicain et nos appels à répétition, ne doivent plus tomber dans l’oreille d’un sourd».

Les responsables des organisations formant la coordination, déterminés pour la cause

La dictature des armes, ne saurait triompher de la détermination des masses populaires 

Cette assemblée générale a été l’occasion pour les organisateurs, de fustiger la junte militaire. Selon le porte-parole de la Coordination, les militaires au pouvoir doivent avoir l’honnêteté d’assumer leur échec à la tête du Burkina. Du constat qu’il fait, depuis ces quatre derniers mois, la patrie est fortement éprouvée notamment sur le plan sécuritaire. « Chaque jour avec son lot de mort et de désolation », a-t-il soutenu. De l’analyse qu’il fait donc : « ce n’est point en prenant en otage un ancien chef d’Etat (…), qu’on arrivera à résoudre les problèmes du pays ». Désiré Guinko accuse également les « Hommes forts du moment », de travailler à diviser la population, de la manipuler, et qu’ils sont à la quête des privilèges du moment. Sa conviction est la suivante : « la dictature des armes, ne saurait triompher de la détermination des masses populaires ». De ce fait, il assure que toutes les formes d’oppressions seront naturellement combattues avec détermination et engagement. Pour sa part, il a appelé ses camarades à rester mobiliser et à l’écoute d’éventuels mots d’ordre dans les prochains jours.

Thierry KABORE

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