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Missive d’une nonne à un diplomate

Ça fait un sacré bail que j’avais fermé ma bouche. Non pas que je n’ai rien à dire mais pour ne pas me noyer dans les eaux de cette kyrielle de mounafigsé qui s’agitent pour s’agiter. J’ai pitié pour mon pays, marre de voir que ce soient des va-nu-pieds qui piétinent ceux qui portent des souliers et même des rangers. Ils ont la critique facile mais arides en propositions.

J’avais pensé que le Coronavirus est descendu sur terre pour nous remettre à nos places. Nous faire comprendre qu’il n’y a de dieu que dieu! Patissankana, c’était sans compter avec la personnalité du Burkinabè désintégré! Il est le tout-puissant, spécialiste en tout, il dicte sa loi, impose ses volontés. Il exige tout, ici et maintenant, sinon ‘’on va mettre le feu à ce pays-là’’. Comme si ce pays-là brulait, lui, il a les moyens de se soustraire des flammes! Dans cette cohue générale, moi aussi je vais mettre ma bouche dedans.

Non pas pour dire que Martial a fini par être emporté par les postillons distillés à son endroit par une certaine opinion, mais pour dire qu’un autre, un ‘’Excellence’’, aurait aussi manqué à son devoir.

En effet, mes antennes ont fait un zoom sur une missive; une missive rare comme un mouton à cinq pattes. Cette missive n’est pas pour donner des nouvelles et en recevoir: «Je t’écris cette lettre pour te donner mes nouvelles et recevoir les tiennes». Non! Elle émane d’une sœur. Une nonne burkinabè de Rome. Cette religieuse, originaire du Passoré, exerce son sacerdoce dans un pays qui a fait parler de lui, au regard du nombre de ses macchabées dus au Covid-19. Des morts comme des mouches foudroyées par une rafale de Kaltox.

Elle révèle que, de leur congrégation de 63 religieuses issues de 11 nationalités confinées, 57 ont été testées positives (honni soit qui mal y pense !). Parmi elles, le plus gros contingent est burkinabè: 17! Si les autres malades ont reçu des coups de fil de leurs représentants au Saint-Siège pour leur apporter compassion et réconfort, ce n’est pas le cas de leur Compaorétriote. «Vous êtes le représentant du président de la République et du gouvernement (…) près le Saint-Siège et une des missions de l’ambassade est de protéger les ressortissants de votre pays», crie la sœur (au propre comme au figuré). «Dans ce sens, j’aurais aimé et souhaité recevoir un coup de téléphone de la part de l’Institution». Elle dit vivre très mal ce silence.

«Également, je confesse que c’est une expérience qui m’a permis de réfléchir et de constater combien est réel l’abandon de la part des Institutions qui se disent au service des compatriotes à l’étranger…».

Pour conclure sa missive à l’Ambassadeur du Burkina Faso près le Saint-Siège, la sœur écrit: «Excellence, vous pouvez ne pas vous sentir concerné par cette lettre, mais je demande seulement que les Burkinabè à l’étranger ne se sentent pas abandonnés dans de pareilles situations.»

Un coup d’œil sur cette gestion pourrait compléter un audit général de la gestion de la pandémie.

Mounafica, tout œil tout ouïe!

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