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Municipales du 22 mai 2016 : le bond qualitatif a manqué au rendez-vous

Les bureaux de vote ont effectivement ouvert ce dimanche 22 mai 2016 pour accueillir les électeurs dans le cadre des élections municipales. Mais par rapport aux élections couplées de novembre 2015, il y a un recul criard sur plusieurs plans.

Une urne transportée à moto (photo source inconnue)
Une urne transportée à moto (photo source inconnue)

Jusqu’à 16h, cette journée électorale du 22 mai a été marquée par une morosité quant à l’affluence devant les bureaux de vote. Il en a été ainsi tant dans la capitale qu’est Ouagadougou, qu’un peu partout à l’intérieur du pays. Une situation qui suscite questionnements: découragement des populations vis-à-vis de la classe politique? Méconnaissance des enjeux des élections locales? Candidats inconnus des électeurs? Il y a certainement quelque chose qui cloche quelque part.

Or, au sortir des élections couplées (présidentielle et législatives), les données en termes de participation étaient telles que l’on a pu penser que les Burkinabè sont désormais en plein dans l’appropriation du processus d’instauration des institutions démocratiques. Mais ce qui a été constaté ce 22 mai 2016, vient obscurcir cet élan, s’il existe encore. En tout cas, le taux de participation risque malheureusement d’être de loin en deçà de celui de novembre 2015.

Plus inquiétant, c’est que cette faible affluence intervient dans un contexte marqué par des actes de violence et de vandalisme contre des installations de la CENI (Commission électorale nationale indépendante). Des actes qui imposent la reprise des élections dans certaines communes, en l’occurrence dans celles de Zogoré, Béguédo, Bouroum-Bouroum, Dapélogo.

Mais ce à quoi l’on pouvait le moins s’attendre, c’est l’installation des bureaux de vote dans des espaces libres. Ce fut malheureusement le cas un peu partout dans le pays, même dans la capitale. Du reste, au niveau de l’arrondissement n°4 de Ouagadougou plusieurs bureaux de vote ont été installés sous des tentes, et même sous des arbres, devant des bâtiments qui servaient de cadre à ces bureaux de vote. Au niveau du quartier Tampouy, les abords d’un rond-point ont même accueilli des bureaux de vote. Plusieurs provinces, comme celle de la Tapoa, ont également enregistré de tels bureaux de vote. Les électeurs de ces bureaux de vote se trouvent ainsi obligés d’exprimer leur choix sous les regards de passants. Ce qui porte quelque peu atteinte au secret du vote et gêne l’électeur dans l’expression de son choix. Évidemment, ces bureaux de vote se trouvent exposés aux affres de la pluie. Que faire en cas de pluie?

Même en cas de déménagement sous la pluie pour rallier un abri, le risque est grand que la transparence du scrutin soit entachée. Ce qui pourrait grossir le rang des sources de contestation des résultats. Surtout que cette fois encore, il y a eu très peu de délégués de partis politiques pour assurer la veille rapprochée sur le déroulement du scrutin. Ce qui a aussi manqué, ce sont les banderoles (estampillées CENI) permettant à l’électeur d’identifier facilement son bureau de vote. Au total, il est à noter que le bond qualitatif tant au plan organisationnel qu’au plan de l’appropriation populaire – par rapport aux élections de novembre 2015 – légitimement attendu, a manqué au rendez-vous.

Paangui Parè

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