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Prise en charge des blessés de l’insurrection et du putsch: agissons diligemment et communiquons utilement

Très belle cérémonie que celle du 31 octobre dernier dont le but était de rendre un vibrant et solennel hommage aux 42 victimes tombées sur le champ de la conquête de la liberté et de la démocratie! Le comité d’organisation mérite bien des félicitations pour le bon choix des couleurs, des sonorités, de l’occupation de l’espace, pour le cérémonial bien orchestré et les symboles bien à-propos.

Abass Ilboudo et d'autres blessés
                                 Des blessés

Pour un premier anniversaire de l’insurrection populaire, on n’aurait pas pu exiger meilleure organisation, même si, à l’instar de toute œuvre humaine, elle demeure perfectible, la perfection n’étant point de ce monde ici-bas.
Une évaluation sous les loupes avisées des professionnels de l’événementiel permettra sûrement de rendre les choses plus grandioses lors de la commémoration de l’an 2 de l’insurrection et du 1er anniversaire de la résistance contre le putsch du RSP en 2016. Il faudra en ce moment mettre l’accent surtout sur la minimisation au grand maximum des fausses notes dans ce concert d’hommages bien mérités à de vaillants patriotes. Car, le luisant tableau de l’hommage de 2015 aura été sans conteste assombri par la touche noire que le représentant des victimes de ces douloureux événements commémorés a eu le courage d’apporter.
Cette tâche, quoique détonnant avec l’harmonie d’ensemble, avait pourtant sa place à cette manifestation. Le porte-parole de ceux qui ont bravé les balles assassines des ennemis de la liberté n’aurait point rendu hommage aux illustres disparus d’octobre 2014 et de septembre 2015 s’il n’avait pas profité de ce canal d’hommage pour poser leurs problèmes non résolus un an après leur noble combat. Il n’aurait pas non plus mérité son titre de héros s’il avait manqué de l’audace nécessaire pour le faire. Il y va enfin du respect de la mémoire de ceux qui ont accepté de mourir pour que nous vivions mieux, c’est-à-dire plus libres et pleins d’espoir pour l’avenir.
Si les blessés ont osé exprimer en public et en ce jour exceptionnel leur tristesse et leur déception parce que se sentant «oubliés, abandonnés, négligés», c’est qu’il en est quelque chose de cela, ne serait-ce qu’en partie. La réplique du président de la Transition ne les a d’ailleurs pas contredits, même si, dans sa réponse, Michel Kafando laisse comprendre que quelque chose a été fait. Un sacrifice supplémentaire reste cependant nécessaire.
Sans rentrer dans les débats qui cherchent à savoir si la Transition a abandonné volontairement les victimes ou pas, si ce qu’elle a fait dépasse ce qui reste ou pas, il faut reconnaître que, non seulement ce qui a été fait n’est pas suffisant et est même souvent arrivé un peu tard, mais aussi, la communication n’a pas été la chose la mieux utilisée. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les mesures de soutien aux victimes, aux orphelins, aux veuves/veufs et aux blessés qui seront opérationnalisées par dix décrets, selon un communiqué du gouvernement, n’ont pas été prises dans l’urgence.
La situation des bénéficiaires de ces mesures était pourtant bel et bien urgente, en ce sens qu’une longue et difficile année s’est écoulée au cours de laquelle ils n’avaient plus le soutien de ceux qui ont été douloureusement et brutalement arrachés à leur affection. Il leur fallait donc urgemment tous ces appuis évoqués dans le communiqué pour atténuer tant soit peu leur souffrance. Ne laissons pas nos héros devenir des martyrs pour investir des sommes faramineuses dans des hommages inutiles.
Maintenant, s’il y en a qui voudraient abuser de la solidarité nationale, il faut que l’autorité sache reconnaître le bon grain de l’ivraie pour ne pas céder au chant des sirènes.
JPS

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