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Procès Dabo Boukary : le général Gilbert Diendéré se défend

Le procès Dabo Boukary étudiant en 7e année de médecine assassiné le 19 mai 1990, est à son deuxième jour d’audience. Ce mardi 20 septembre 2022, le général Gilbert Diendéré s’est défendu en chargeant le lieutenant Gaspard Somé qui malheureusement n’est plus de ce monde pour se défendre. De ce que l’on retient de sa défense, cet officier n’en faisait qu’à sa tête. Il fait cas de disfonctionnement au sein du corps, et déclare ne pas être au courant de tout ce qui se passait.

A la question de son conseil Me Mathieu Somé de savoir s’il était au campus au moment de l’arrestation des étudiants, l’accusé répond par la négation. D’après lui, les étudiants manifestaient pour leurs intérêts. Lui qui était chargé de la protection du chef de l’Etat qui était à l’époque Blaise Compaoré, dit ne pas savoir ce qu’il irait chercher au campus. Pour ce qui est de la manifestation qui a conduit l’interpellation de l’étudiant, et son assassinat, le général voit une manœuvre des politiques et déclare qu’il n’est pas exclu que Gaspard Somé soit de connivence avec ces derniers.

Il faut rappeler que dans son témoignage qui a été lui, feu Salif Diallo, directeur de cabinet du président du Faso au moment des faits, a confié que c’est au téléphone, que Blaise Compaoré lui a annoncé le décès de Dabo Boukary. Quand il lui a demandé à savoir comment cela a pu arriver, alors que la manifestation était terminée, le président déclare, il cite : « ce n’est pas les Gaspard là ». Poursuivant, le témoin, estime que pour faire la lumière sur ce qui s’est passé, il va falloir entendre le général Gilbert Diendéré et le lieutenant Gaspard Somé, car ce sont ces deux qui dirigeaient le Conseil de l’entente à l’époque. La réponse du prévenu ne s’est pas fait attendre. Il déclare : « Il n’y a pas deux capitaines dans un bateau. Je suis le commandant et si Salif Diallo dit que c’est Gaspard et moi qui dirigeons, cela veut dire qu’à mon absence, il vient le voir ». A travers cette réponse, l’officier militaire à la barre, fait le lien avec ses déclarations selon lesquelles, il n’est pas exclu que le lieutenant, agisse de connivence avec les politiques. Pour sa part, il réitère sa déclaration selon laquelle, il n’a pas assisté à l’assassinat de la victime, il n’a pas donné d’ordre à qui ce soit, il n’a donné de moyens à qui ce soit, il n’était au courant de rien. D’ailleurs souligne-t-il : « j’étais écœuré de savoir que des étudiants ont été séquestrés et qu’ils ont subi des sévices et même qu’il y a eu mort. C’est inadmissible ». A la question de son conseil Me Abdoulatif Dabo de savoir pourquoi avoir accepté enterrer le défunt s’il n’était au courant de rien, il déclare : « humainement, je ne peux pas voir un corps, le laisser comme ça et ne rien faire ».

Thierry KABORE

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