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Qu’est-ce qu’un panafricaniste ?

J’ai récemment subi la controverse après avoir attaqué les profiteurs du panafricanisme. « Suppôt
de la France, non-comprenant, idiot congénital », croyez bien chers lecteurs que je n’ai pas
manqué de surnoms pendant quelques jours. L’opprobre est facile à jeter depuis son canapé ou le
maquis. J’ai néanmoins réalisé qu’il fallait en sus de ma dénonciation légitime, cadrer ce que je
pense être le panafricanisme tel qu’il est professé par les plus grands.


Le panafricanisme c’est avant tout une prise de conscience que l’Africain se suffit à lui-même quand
bien même il n’en serait pas conscient ! Notre continent à l’histoire infinie des temps des empires Peuls
ou Zoulous, des royaumes nomades et des frontières sociales ou morales s’est vu agressé, pillé et détruit
par les forces coloniales européennes. Mutilé pour ses ressources, de grands traits absconds tracés
arbitrairement par des colons arrogants, notre continent s’est vu imposé des divisions qui n’étaient pas
les siennes.
La lutte pour la libération par les armes, le sang et la raison est advenue après un siècle de violences
coloniales qu’elles soient britanniques, boers ou françaises. Les grands noms de l’époque ont su
reprendre à leur compte la lutte pour la Liberté de l’Europe : pourquoi faire couler le sang à Munich
quand les Anglais égorgeaient les mahdistes au Soudan ? Porté par l’exemple de Gandhi ou Nasser nos
premiers présidents surent nous libérer mais peu échappèrent à la tentation autoritaire ou au coup d’Etat
militaire, malédiction continentale.
Dès lors, une deuxième génération de leaders émergea qu’il s’agisse de Khaddafi mais aussi et surtout
de Thomas Sankara. Sankara dont le nom est souvent brandi en vain comme un hochet par de trop
nombreux hypocrites. Thom Sank n’avait pas pour projet de vivre comme un laquais ni comme un
nouveau prince dans un palais de mégalomane. Son projet était clair : liberté ! Liberté des hommes et
des femmes contre les puissances mondialistes et leurs dettes injustes, liberté des hommes et des
femmes contre le racisme intériorisé qui pousse encore aujourd’hui l’Africain à chercher une solution
magique dans le Blanc, du coach Velud à Vladimir Poutine.
Pour moi et pour les grands penseurs panafricanistes, la libération de l’Africain passe avant tout par la
lutte, seul et droit face à ses problèmes. C’est ce que je ne comprends pas aujourd’hui avec nos «
panafricains » à faux nez qui mendient l’aide des Russes après avoir rejeté celle des Français et des
Américains (mais qui sont quand même fâchés quand l’aide s’arrête comme avec les MCC ces
derniers jours). Quelle liberté sera obtenue en se soumettant aux bouchers de Busha et d’Alep, quelles
ressources sauront nous préserver de la prédation des mercenaires qui aujourd’hui pillent les mines de
RCA et prélèvent les droits de douane en lieu et place de l’Etat ? Est-ce ça l’image de l’Africain libre ?
Purifions-nous par la lutte, achetons des armes et apprenons des techniques auprès de partenaires
choisis sans leur influence et combattons les assassins dans notre pays plutôt que d’agiter les
colifichets d’étrangers à intérêts dans la rue le samedi ! Si comme moi vous ne pouvez rejoindre les
VDP, contribuez en versant une partie de votre salaire aux combattants ou aux familles endeuillées !
Informons-nous sur la véritable pensée panafricaniste, lisons les propos de ceux qui ont
effectivement fait quelque chose pour l’Afrique sans se compromettre avec l’aumône des vautours qui
cerclent notre pays garrotté par les HANI.

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