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Réfection de l’aéroport de Ouaga: 14 marchés et 7 avenants

La réfection de l’aéroport international de Ouagadougou a démarré le 12 mars 2008 avec l’attribution du marché (lots 1 et 2) à l’entreprise Faso constructions et services (FCS) suite à un appel d’offres restreint. Finalement, c’est après 14 marchés et 7 avenants que l’infrastructure a été livrée.
Le montant initial du marché était de 1,460 milliard de FCFA, avec un délai contractuel de 9 mois. Mais au bout du compte, le marché coûterait beaucoup plus à la livraison de l’infrastructure intervenue plus de 4 ans après.

Aéroport OuagaPlusieurs insuffisances ont émaillé la gestion de ce marché. Aucun argument n’a été avancé pour justifier la procédure d’appel d’offres restreint et l’autorisation des 7 avenants. Par exemple, l’avenant n° 2, d’un montant de 291,9 millions de F CFA, représente 19,99 % du montant initial du marché, presque les 20 % autorisés par les textes. Les délais d’exécution n’ont pas non plus été respectés. Aussi, l’absence du rapport de bonne exécution pour les avenants n’est pas disponible.
Autre irrégularité, l’enregistrement du marché s’est effectué à la Direction régionale des Impôts du Plateau Central, à Ziniaré, alors que le marché a été attribué à Ouagadougou ainsi que l’infrastructure à réhabiliter. Une délocalisation de l’enregistrement de l’entreprise suscite des doutes sur sa régularité et sur une éventuelle fraude fiscale.
Les autorités du ministère des Transports de l’époque avaient tenté des explications. Un redimensionnement causé par une mauvaise étude de faisabilité du projet pour tenir compte des aménagements d’un parking, de l’installation d’un escalator serait à la base des marchés complémentaires et des avenants. Ce redimensionnement a nécessité la somme supplémentaire de 6 milliards de FCFA!
Pour les responsables de l’entreprise adjudicataire du marché, le chantier a tout de suite connu des difficultés techniques liées à l’absence du plan de l’aéroport, mais aussi à la nécessité de travaux complémentaires. Les longs délais de traitement des dossiers des travaux complémentaires et des avenants n’a pas permis de respecter certains délais et par conséquent le non-paiement de certaines factures. Cette situation a eu des conséquences sur les comptes de l’entreprise. En fin 2011, elle aurait enregistré un cumul d’agios bancaires de plus de 700 millions de FCFA.
La mauvaise étude de faisabilité du projet qui a justifié les marchés complémentaires et les avenants ont augmenté les coûts d’exécution des travaux. Quelqu’un n’est-il pas responsable, quelque part? Si! L’Etat ne devrait donc pas supporter cette ‘’mauvaise étude de faisabilité’’, puisque tout semblait être fait à dessein pour qu’il en soit ainsi. Et ce marché n’est pas le seul à avoir connu des péripéties. L’hôtel administratif du Centre est un autre cas. Une preuve à ciel ouvert de népotisme, d’incivisme et d’impunité.
Adoua Kassiro

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