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Retour volontaire de migrants burkinabè de la Libye: finalement, on n’est jamais mieux que chez soi

Émigrer ou ne pas émigrer reste une décision très personnelle. Et quand la décision est prise, elle vise un objectif précis: partir à l’étranger en quête d’une vie meilleure. Mais quand on y va et que l’on y rencontre des conditions très difficiles –misère, manque de respect, dédain, racisme… -, il faut avoir le courage de revenir au pays natal. C’est ce que 154 burkinabè vivants en Libye ont fait en revenant au pays hier 19 avril 2017. La particularité de ce come back est qu’il est volontaire.

Ils sont 154 à revenir
Ils sont 154 à revenir…

L’on ne cessera de le répéter, la vie à l’étranger n’est pas nécessairement parfaite; elle n’est pas faite pour tout le monde. Malheureusement ceux qui quittent leur pays ne s’en rendent souvent compte qu’après avoir déjà fait un énorme sacrifice sur le plan émotionnel et financier.

... au pays natal
… au pays natal

Habituellement, malgré les difficultés, le retour n’est pas envisagé parce qu’il est une expression de honte et d’échec. Mais à écouter les raisons qui ont prévalu à la prise de décision radicale de nos frères et sœurs burkinabè, on ne peut que les comprendre. Il y avait un instinct de survie à faire valoir.

Il suffit pour cela, de lire les aveux d’un des leurs, M. Guinko Idrissa: «Je suis revenu parce que ça ne va pas à Tripoli. On nous maltraitait. Il y a du racisme, trop de braqueurs et de voleurs. On nous fatigue tout le temps. Difficile d’y travailler sans les tracasseries relatives aux papiers, un prétexte pour nous extorquer de l’argent. Et même quand tu as l’occasion de travailler, on ne te paye pas. Alors, je pense que mon pays est mieux que la Libye.»

Abdel Rahmane Diop, le Chef de Bureau de l’OIM Burkina.
Abdel Rahmane Diop, le Chef de Bureau de l’OIM Burkina.

Ces regrets et témoignages vivants devraient être exploités sous forme de documentaire pour dissuader tous ceux qui sont tentés par l’aventure périlleuse vers d’autres pays où l’Eldorado semble les attendre. Ces fils et filles «prodigues» sont en fait les preuves vivantes des souffrances qu’endurent les milliers de nos frères migrants. Ils peuvent donc être les portes flambeaux de la sensibilisation des jeunes en instance de départ pour l’aventure. Il suffit de les former à cet effet.

Il faut aussi saisir cette opportunité pour remercier les autorités qui ont mis les petits plats dans les grands pour accueillir à bras ouverts les Burkinabè qui reviennent chez eux.

Reste à les aider, en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), à se fixer dans leur terroir par des formations appropriées et avec l’accompagnement financier nécessaire. Cela convaincra davantage «nos revenants» qu’on n’est jamais mieux que chez soi.

Théophile MONE

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