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Secteur minier et terrorisme : quelles solutions contre l’asphyxie programmée ?

Le Conseil burkinabè des mines, de la géologie et des carrières (CBMGC), en collaboration avec le journal en ligne Mines-actu.net, a organisé une conférence publique le 18 novembre 2022 à Ouagadougou. A l’occasion, les panélistes ont fait l’état des lieux du secteur minier, ses défis sécuritaires et dégagé des perspectives pour sauver le secteur mourant du fait du terrorisme.

Créer un cadre d’échanges sur l’état des lieux du contexte sécuritaire et son impact sur le développement socio-économique du Burkina, proposer aux autorités nationales des idées innovantes et adaptées pour la sécurité des mines dans le contexte actuel et rechercher l’implication de l’ensemble des acteurs dans la sécurisation des sites miniers. Tels sont les objectifs spécifiques rattachés à la conférence publique dont l’objectif global était de proposer des solutions adaptées pour une meilleure sécurisation des convois et des sites miniers industriels.

Le contexte sécuritaire fait d’attaques terroristes contre les sites miniers, les convois des sociétés minières et de leurs sous-traitants réduit drastiquement l’apport du secteur minier au bienêtre socio-économique des Burkinabè, selon les conférenciers. Cela se caractérise par la fermeture des sites à la production à l’image des permis miniers des localités de Nétiana, Ouaré, Youga , Taparko et Karma, par l’investissement dans la sécurisation des sites fonctionnels, du transport du personnel et des biens et dans le transport aérien. Les investissements axés sur la sécurisation du personnel et des biens augmentent considérablement les charges des entreprises minières, rognant du même coup les marges imposables par les impôts. Les panélistes précisent qu’en plus de porter un grand préjudice aux emplois directs et indirects, la fermeture soudaine de certaines mines impacte très négativement le budget de l’Etat. Selon le rapport ITIE 2020, cité par les panélistes, la fermeture des mines suite à l’insécurité a créé un manque à gagner de près de 25 milliards FCFA. Il ressort pourtant, selon les conférenciers, que l’apport du secteur minier au développement socio-économique du Burkina en 202 , données de l’ITIE-BF, s’évalue à des recettes de plus de 237 milliards FCFA pour le budget national, contribuant ainsi à 14,3% des recettes budgétaires contre 6,07 % l’année précédente. L’apport du secteur minier aux exportations pour la même année s’évalue à 83,9% contre environ 75 % l’année précédente. Depuis 2019, les collectivités territoriales ont bénéficié dans le cadre du Fonds minier de développement local de 144,002 milliards FCA.

Des recommandations pour sauver le secteur minier

Comment sauver le secteur minier burkinabè et inverser les tendances très alarmistes en termes d’impact socio-économique national ? Les conférenciers, appuyés par des acteurs intervenants dans le secteur ainsi que des sommités comme les anciens ministres Stanilas Ouaro et Séni Ouédraogo, tous deux professeurs d’université, ont recommandé, entre autres, l’organisation par l’Etat d’une assise sur la question minière pour diagnostiquer ses maux et prouver des pistes salvatrices de solutions, l’intégration de la sécurisation des mines dans la stratégie nationale de lutte contre le terrorisme, la définition d’une stratégie globale de sécurisation des sites miniers et éviter le traitement au cas par cas, l’accélération du traitement des dossiers des mines, l’accompagnement exceptionnel des sites miniers attaqués ou fermés.

Lonsani SANOGO

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