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Situation nationale : L’UAS ne fait aucun cadeau au gouvernement

Pour l’Unité d’action syndicale (UAS), le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) n’est pas à la hauteur de l’espoir placé en lui par le peuple Burkinabè au lendemain de sa prise de pouvoir par la force. Elle a fait ce constat à l’assemblée générale tenue ce samedi 17 septembre 2022. Les syndicalistes à cette rencontre, ont été très critiques envers le gouvernement.

Le président du mois de l’UAS, El Hadj Inoussa Nana, appelle à la mobilisation

Aux yeux de l’Unité d’action syndicale (UAS) le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) a échoué dans les missions qu’il s’est assignées à la prise du pouvoir par la force le 24 janvier 2022. A l’assemblée générale qu’elle a tenue ce samedi 17 septembre 2022, elle a été très critique envers le nouveau régime au pouvoir. Pour le secrétaire général du FO/UNS, El Hadj Inoussa Nana, président du mois des centrales syndicales, concernant la situation nationale, le constat qui s’impose c’est qu’elle est très délétère, marquée par l’aggravation continue de la crise sécuritaire et ses corolaires de crises, alimentaire et humanitaire. De l’analyse qu’il fait, près de huit mois après le putsch, la situation sécuritaire ne s’est guère améliorée. « Pire, elle s’est considérablement détériorée », a-t-il soutenu. D’après lui, près de la moitié du territoire national est hors de contrôle, avec des terroristes qui mettent tout en œuvre pour isoler les grandes villes. Cette analyse selon syndicaliste, vient contredire le bilan effectué par le président du Faso, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba lors de son adresse à la nation le 04 septembre dernier. Il voit également dans le limogeage du ministre chargé de la Défense, et la prise du portefeuille par le chef de l’Etat, comme une confirmation du manque de l’amélioration de la situation sécuritaire.

Des dires du président du mois, incapables d’opposer aux groupes terroristes une réaction à la hauteur des attentes des populations et promise par eux à leur prise du pouvoir, le MPSR et son gouvernement se révèlent au peuple burkinabè à travers entre autres : la militarisation de l’administration publique ; les violations répétées du décret qui institue les appels à candidatures pour les nominations de directeurs généraux  des sociétés d’Etat et des EPE ; des menaces, intimidations et arrestations de citoyens qui ne font qu’exprimer leurs légitimes inquiétudes face à l’aggravation de la situation sécuritaire ; des velléités de remise en cause des libertés démocratiques, des acquis de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et des acquis des travailleurs ; une prime à l’impunité en faisant venir l’ancien président Blaise Compaoré en dépit du fait que ce dernier est sous le coup d’une condamnation judiciaire et d’un mandat d’arrêt international.

Son appel a été entendu

Le point du non-retour ?

L’Unité d’action syndicale au cours de l’AG a noté des tentatives de remise en cause des droits et acquis des travailleurs et un manque de considération à l’endroit des syndicats de la part du nouveau régime. D’après El Hadj Inoussa Nana,  le gouvernement envisage des mesures qui vont remettre en cause les droits et acquis des travailleurs. Il fait référence au projet de décret portant définition de critères d’octroi de la prime de bilan au sein des sociétés d’Etat et Etablissements publics de prévoyance sociale, la remise en cause des protocoles signés avec les organisations syndicales et d’autres mesures annoncées au niveau de l’enseignement supérieur et de la recherche. De la conviction du syndicaliste, ces mesures vont réduire davantage le pouvoir d’achat et rendre encore plus dures les conditions de vie et d’études.

Face à la dégradation de la situation sécuritaire et les tentatives de remise en cause des droits et acquis des travailleurs, l’UAS a invité ses membres à la vigilance, à la cohésion et à la mobilisation en vue d’une unité d’action autour d’une plate-forme revendicative minimale. Cette plate-forme selon le secrétaire général du FO/UNS est composée de trois grands points : la sécurité des populations et de leurs biens sur l’ensemble du territoire ; la vie chère ; le respect et l’élargissement des libertés démocratiques et syndicales et la promotion du travail décent.

Thierry KABORE

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