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Je suis Timbuktu

Ce Fespaco-là, pour emprunter le refrain d’une chanson des années 90 qui disait «ces soirées là…» Donc, ce Fespaco 2015, la 24e édition, se meut entre deux gros os: d’un côté Ebola et de l’autre les djihadistes. Le ton a d’ailleurs été donné avec tout le black micmac autour du film Timbuktu d’Abderrahmane Sissako. Le verra-t-on en projection publique ou pas?

Une affiche du film
Une affiche du film

Telle était la question. Heureusement pour les cinéphiles, le gouvernement de la Transition a opté pour la diffusion publique. Seulement, voilà! Cela ne va pas se faire sans prise de précautions. Et là, assure le président du comité national d’organisation, la sécurité sera musclée. On comprend bien que cela laisse la latitude aux forces de sécurité de fouiller de fond en comble les cinéphiles et même d’extirper des rangs celui ou ceux qu’elle soupçonnerait d’avoir des attitudes suspectes.
De là, Mounafica voit déjà la masse de désagréments, les discussions qui peuvent même virer à la dispute. Fini aussi le côté festif du Fespaco; les beuveries à la rue marchande sont kaput. Du cinéma, juste des films, c’est sous ce manteau que se présente ce Fespaco 2015.
Pourtant, le crû est du bon avec cette possibilité offerte qu’est la participation des films en numérique, un combat longtemps mené par ses cinéastes africains. Il y a des bons et grands films mais l’environnement est empoisonné avec cette affaire de Timbuktu. Un aîné me disait qu’il se demande s’il irait à la projection de ce film… Si l’objectif était de créer la peur, cela semble réussi. Mais comme le disait Der Alte, le président de la Transition, il ne faut pas céder. Alors, il faut que tous les participants au Fespaco se disent «je suis Timbuktu».
Mounafica, tout œil, tout ouïe!

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