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Suspension des émissions d’intervention directe: «Il ne fallait pas frapper à l’aveuglette», dixit Chériff Sy

Moins d’une semaine après la suspension, par le Conseil supérieur de la communication (CSC), des émissions d’intervention directe sur toute l’étendue du territoire, le président du Conseil national de la Transition, Chériff Sy, a livré son point de vue. Si, pour le patron de la représentation nationale, cette mesure de suspension peut se justifier par le fait que de nombreux manquements sont enregistrés au quotidien sur plusieurs stations de radio, elle ne devrait pas frapper à l’aveuglette l’ensemble des radios.

Chériff Sy a exprimé son «opposition» à la mesure de suspension du CSC
Chériff Sy a exprimé son «opposition» à la mesure de suspension du CSC

C’est la salle d’audiences du Conseil national de la Transition (CNT) qui a servi de cadre à cette interview qu’a accordée Chériff Moumina Sy. D’entrée de jeu, le chef du parlement transitoire estime qu’il est nécessaire de chercher à comprendre sur quelles bases cette décision a été prise. Conscient qu’il est impossible pour le CSC de suivre toutes les stations de radios compte tenu de la modicité de ses moyens, il explique que dans la forme, la mesure de suspension de l’instance de régulation peut être vue comme un cri de cœur pour «interpeller les promoteurs de médias, les animateurs des émissions interactives mais aussi le public à faire preuve de plus de professionnalisme, de maîtrise et de mesure».
Poursuivant son commentaire, Chériff Sy, qui dit être convaincu de la bonne foi du CSC, émet cependant des réserves sur la légalité de sa décision de suspension.
Pour lui et pour parler de manière triviale, il avoue que «ce n’est pas parce que quelqu’un n’a pas respecté les feux tricolores que l’on doit fermer la route à la circulation». Pour le chef du CNT, il s’agit là d’une décision légitime mais qui aurait pu se faire avec des distinguos qui prennent en compte la réalité du terrain en faisant la part des choses entre les radios qui font bien leur travail et celles qui ne respectent pas les principes du métier.

Des journalistes présents à la rencontre.
Des journalistes présents à la rencontre.

Sur le fond de la mesure, l’ancien président de la Société des éditeurs de la presse (SEP) répond sans ambages. «Il est nécessaire que cette décision soit revue, car tout ce qui paraît comme une entrave à la liberté d’expression est contre-productive pour la Transition et surtout n’a pas de fondement juridique». Sur ce point, le Président du CNT estime que cette décision ne prospérerait pas si toutefois elle faisait l’objet d’une saisine des juridictions par les promoteurs de médias.
Pour l’avenir, et à la faveur de cette décision, Chériff Sy pense qu’au-delà de la polémique, c’est l’occasion pour les acteurs du secteur des médias de se concerter pour que des solutions soient trouvées au plus vite afin que le droit à l’expression soit rendu aux citoyens pour une vitalité démocratique. Pour finir, l’homme qui occupe le perchoir estime que cette mesure de suspension est mal vécue parce que les médias burkinabè, en dépit des «insuffisances notées» ne doivent en aucun cas être assimilés à la Radio mille collines.
Tout en se disant optimiste quant à une levée rapide de la mesure, le chef du parlement trouve «regrettable que les médias qui ont largement contribué à l’insurrection soient payés en monnaie de singe».
W. DAVY

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