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Terrorisme : de l’impératif du nettoyage des zones infestées

Certaines zones du pays sont actuellement  sous emprise terroriste. Les groupes armés paradent allègrement dans plusieurs localités, prélèvent des  taxes  et contrôlent une administration parallèle au nez et à la barbe des pouvoirs publics. C’est inadmissible dans un État souverain. Du coup, il urge d’engager des actions rapides et audacieuses  pour reconquérir ces contrées afin que l’autorité de l’État s’exerce pleinement sur toute l’étendue du territoire.  Le danger de l’inaction et des tergiversations, c’est de voir des populations entières, en désespoir de cause, basculer dans le camp adverse.

Quelle est la superficie du territoire actuellement infestée par les groupes terroristes ? Bien malin  qui pourrait y répondre avec exactitude. Chaque jour que Dieu fait,  des communes, des villages et même des provinces  subissent des incursions terroristes pour ne pas dire plus… Certaines populations ont  par moment l’amère impression d’être « abandonnées » par l’État tant leurs cris d’orfraie  semblent ne pas rencontrer d’écho favorable. La mort dans l’âme, elles se résolvent alors, soit à collaborer avec les terroristes pour une hypothétique paix,  soit à fuir leur contrée avec tout ce que cela comporte comme risque et inconfort. Si la région du Sahel reste un sanctuaire pour les groupes terroristes évoluant au Burkina, ils n’ont eu de cesse de changer de stratégies en s’adaptant à l’évolution de la situation, et d’y étendre leurs attaques d’ouest en est en prenant le soin de faire à chaque fois la jonction entre les différentes zones : dans les régions du Nord et de la Boucle du Mouhoun depuis 2017, et jusqu’à la région de l’est du pays depuis 2018. Mais, depuis le début de l’année 2019, les régions qui concentrent le plus grand nombre d’attaques sont le centre-nord et le Sahel. Leur zone d’action a changé et s’est donc énormément étendue, de façon progressive et méthodique. L’année 2019 semble marquer la phase de consolidation des zones occupées avec une forte pression et un harcèlement régulier et intense sur toutes les provinces du Sahel, et particulièrement celle autour de la région du centre-nord qui semble être désormais la cible privilégiée des terroristes. Aujourd’hui, le pays a franchi le seuil des 1,5 millions de personnes déplacés internes.  Le Burkina Faso dépasse ainsi le Mali (1,1 million), le Niger (564 000), le Tchad (1,03 million) en termes de nombre de PDI. C’est dire toute l’acuité de la crise à laquelle le pays des hommes intègres est confronté. Il faut impérativement agir pour éviter que la situation ne se désagrège davantage.

Quel plan de reconquête des zones assiégées ?

Avant toute tentative de reconquête, il faut identifier clairement  les groupes qui attaquent le pays. Aujourd’hui, on devrait de moins en moins parler d’hommes armés non identifiés(HANI). L’état islamique au grand sahara (EIGS) et le groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) sont les principaux groupes terroristes qui sévissent au Burkina Faso. Leur mode opératoire est de plus en plus connu par les FDS. Depuis 2019 par exemple,  le GSIM opère dans l’est du Burkina Faso, le long de la frontière avec le Niger, puis dans les zones frontalières avec le Benin et le Togo. Ces attaques, plutôt que d’être motivés par des considérations idéologiques ou politiques, semblent davantage liés à la volonté de contrôler les activités d’orpaillage et les routes commerciales. Ces activités représentent une source de revenus potentiellement lucrative. Les grandes réserves naturelles de cette région offrent par ailleurs un refuge aux groupes terroristes qui ne veulent pas se faire repérer. Les liens avec des groupes criminels, coupables de contrebande et de braconnage dans cette zone frontalière, ont consolidé la réputation du GSIM. Sur le terrain, certaines bandes armées profitent également  de la situation pour semer la psychose au sein des populations et s’emparer de leurs terres et biens. Ces bandes armées prospèrent grâce à la chienlit et tout simplement parce qu’ils disposent d’armes pour terroriser les populations. L’État n’existant plus dans ces zones, ils sont parfois une poignée à dicter leur loi  à des populations totalement désemparées.

Mais que l’on soit face à des groupes terroristes formels ou  à des bandes armées,  la réponse doit être la même: « nettoyage sans coup férir ». Ce nettoyage suppose un renseignement adéquat et une puissance de feu adaptée. La libération des zones doit être accompagnée de la réinstallation de l’administration. Les FDS ne doivent pas simplement  se contenter d’opérations d’éclat ou coups de poing. Les zones doivent être sécurisées et stabilisées pour permettre aux populations de revenir s’installer et y reprendre le cours normal de leur vie.  Des drapeaux terroristes ne doivent plus flotter sur le territoire national.

Renseignement et nécessité d’une gouvernance vertueuse

L’aptitude à connaître, comprendre, caractériser et prévoir est centrale pour permettre au Burkina Faso  de décider et d’agir de manière autonome et souveraine, y compris dans les actions menées avec des partenaires et alliés. Le renseignement en est l’élément premier et doit être renforcé. L’anticipation à court et moyen terme des risques pesant sur la sécurité nationale justifie que le pays développe des capacités autonomes à la hauteur de ses besoins. Conserver au Burkina Faso  l’indépendance de ses analyses et de ses positions nécessitera un investissement accru dans le renseignement humain, dans la poursuite des grands programmes techniques lui permettant de rester au meilleur niveau en la matière et dans le développement des capacités d’analyse nécessaires pour exploiter le volume considérable et en croissance rapide des données humaines et techniques recueillies.

Une fois les zones reconquises et sécurisées, il faudra y implémenter des projets  structurants, des programmes de déradicalisation et de réinsertion  des ex-combattants,  investir dans l’éducation et la resocialisation. Les groupes terroristes ont en effet établi des stratégies poussées de propagande et de communication. Ils communiquent avec des personnes pouvant être séduites par l’idéologie extrémiste violente en faisant appel à divers médias. La stratégie de communication à privilégier doit être axée sur la diffusion de messages alternatifs positifs qui mettent l’accent sur l’ouverture d’esprit, sur la diversité et sur la nature inclusive de la société burkinabè afin de renforcer le sentiment d’appartenance à une même nation. Parlant justement d’appartenance à une même nation, il est heureux de constater que l’opposition a décidé de renouer le dialogue avec la majorité dans la perspective de la réconciliation nationale. Dans sa déclaration de politique générale adoptée le 07 janvier 2022 par l’Assemblée Nationale, le Premier Ministre a encore réitéré son appel à l’union sacrée. Pour lui, les clivages « opposition », « majorité », n’ont aucun sens en temps de guerre ! Les hommes politiques doivent demeurer dans de bonnes dispositions d’esprit. La hiérarchie militaire et les gouvernants doivent s’illustrer par une gouvernance vertueuse débarrassée des oripeaux de la corruption et de la gabegie pour que le travail de conscientisation ait un meilleur impact. Cette vérité demeure intemporelle : « Une arme peut tuer un terroriste. L’éducation peut tuer le terrorisme. »

Jérémie Yisso BATIONO

Enseignant chercheur

Ouagadougou

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