Accueil » Politique » Terrorisme: le régime Compaoré a sécrété Malam Ibrahim Dicko

Terrorisme: le régime Compaoré a sécrété Malam Ibrahim Dicko

Simon Compaoré a dit tout haut ce que beaucoup de personnes pensent tout bas. Les attaques dans le Nord du Burkina s’expliquent par les pactes entre le régime de Blaise Compaoré et certains groupes terroristes qui fourmillent dans cette région frontalière de notre pays avec le Mali et le Niger. Malam Ibrahim Dicko fait partie des personnes avec lesquelles le régime Compaoré pactisait.

Le général Diendéré présantant triomphalement l'otage suisse qu'il est allé chercher par hélicoptère au Nord Mali
Le général Diendéré présantant triomphalement l’otage suisse qu’il est allé chercher par hélicoptère au Nord Mali

Issu d’une famille modeste, Malam Ibrahim Dicko est passé par l’enseignement coranique. Entre 2005 et 2010, il disparait avant de revenir à Djibo très riche. Il va utiliser sa ‘’fortune’’ pour se faire entendre dès son retour. Il commence par créer une école coranique et enseigne le coran à de nombreux enfants. Sur les radios de Djibo, Malam Ibrahim Dicko paie des espaces où il prêche. Les valeurs qu’il prône dans ses sermons n’ont rien à voir avec ce que la plupart des musulmans de la localité ont appris. En d’autres termes, les prédications de Malam Ibrahim Dicko dérangeaient.

Pendant tout ce temps, aucune autorité n’est intervenue pour relever ces dérives. La radicalisation de Malam n’a donc pas été brusque. Il a préparé sa chose au nez et à la barbe des plus hautes autorités de la province. Dans son école, il enseignait l’islam radical, tout en dénigrant et traitant les autres condisciples et pratiquants des autres religions de mécréants.

Pour mieux faire passer son message, il érige une mosquée où il prêche son islam. Puis vient la conquête du Nord Mali par les groupes armés. Il s’y rend et scelle un pacte avec Amadoun Koufa, un autre prédicateur radical, chef du groupe «Forces de libération du Macina» issu de la scission d’Ansar Dine d’Iyad Ag Ghali.

Ansar Dine et le Mujao étaient jusqu’en 2014 les principaux groupes rebelles touareg du Nord Mali et alliés d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ces groupes avaient des représentants basés à Ouagadougou. Ces mêmes groupes assistaient aux négociations de paix conduite par le médiateur Blaise Compaoré. C’est aussi en collaboration avec des groupes djihadistes que Gilbert Diendéré pénétrait l’espace aérien malien pour se poser devant les tentes et récupérer des otages.

Rappelons-nous la triste histoire d’accident de l’avion d’Air Algérie. Il y a eu d’ailleurs un petit conflit entre Français et Burkinabè sur la paternité de l’info et sur le lieu du crash. Le général Diendéré a été renseigné par ses réseaux sahéliens…

Pour revenir à Malam, il a aussi sans nul doute entretenu des relations étroites avec le régime Compaoré, étant le disciple de ceux que Compaoré ‘’hébergeait’’ à Ouaga 2000. D’Iyad Ag Ghali à Malam Ibrahim Dicko en passant par Amadoun Koufa, le départ forcé de Blaise Compaoré ne doit pas plaire puisque Ouagadougou ne peut plus être utilisée comme base arrière pour mener des trafics et contrebandes au Nord Mali.

Ceux-ci se sont retournés contre le Burkina Faso en menant des attaques. Malam Ibrahim Dicko étant du pays, il intensifie les actions de sabotages à travers son groupe d’Ansaroul Islam. Il a beaucoup d’adeptes parmi ses anciens élèves, ses fidèles à la mosquée et parmi les nombreuses personnes qu’il a financées pour monter des business.

Malam Dicko n’est pas du genre à utiliser un téléphone. Le bouche à oreille est son canal. Comment lutter contre un ennemi pareil?! Seule la coopération des populations peut permettre de le vaincre.

A. T.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *