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Traque des biens mal acquis: le doigt accusateur du REN-LAC

Près de trois semaines après la publication de sa déclaration sur la traque des biens mal acquis promise par le gouvernement de la Transition, le REN-LAC, qui regrette avec amertume «l’inaction» des autorités burkinabè face aux multiples cas de détournements et d’enrichissements, a donné de la voix le jeudi 26 février 2015 à son siège à Ouagadougou. C’était lors d’un point de presse animé conjointement par son Secrétaire exécutif adjoint, Sagado Nacanabo, Goudouma Bruno Kéré, le Chargé du plaidoyer et du lobbying et de Karfa Gnanou, le Secrétaire général du syndicat burkinabè des magistrats (SBM).

Les conférenciers ont dénoncé le manque de volonté politique du gouvernement de la Transition à traquer les personnes coupables de détournement de deniers publics.
Les conférenciers ont dénoncé le manque de volonté politique du gouvernement de la Transition à traquer les personnes coupables de détournement de deniers publics.

L’objectif de cette conférence de presse convoquée vingt-quatre heures après la publication par le gouvernement de la liste des auteurs de chèques impayés, vise à interpeller l’exécutif sur l’exigence de justice relayée de façon quotidienne par les organes de presse et d’autres OSC. Pour le REN-LAC, «point besoin de rappeler le pillage organisé des ressources publiques durant les 27 ans de règne de Blaise Compaoré». Ce pillage qui a eu pour effet immédiat la naissance d’une catégorie de riches «d’un nouveau genre» dont la particularité a été dans le sérail du pouvoir, est qualifié de siphonage des ressources publiques et d’activités illicites par le réseau anticorruption.
Pour Sagado Nacanabo, il y a un fossé entre le discours des autorités et leur réelle volonté d’éradiquer, de traquer les biens mal acquis des dignitaires du régime déchu. Citant le président Kafando qui, lors de son investiture promettait de «…régler les comptes avec ceux qui pensent impunément dilapider les deniers publics…», M. Nacanabo dénonce avec la dernière énergie les tergiversations et la lenteur dans l’action de l’exécutif.
Ces manquements, à en croire le Secrétaire exécutif national adjoint du REN-LAC, ont favorisé la «volatilisation» des avoirs illicites et la remise en cause de quelques actes procéduraux entamés sur la question.
Par ailleurs, si le réseau anti-corruption note avec satisfaction la réalisation des audits dans les différents ministères qui, il l’espère, déboucheront sur des poursuites judiciaires à l’encontre des fautifs; il reste dubitatif en ce qui concerne les actions entreprises pour le recouvrement des avoirs et biens spoliés. Aussi, préconise-t-il de faire appel aux institutions financières afin que des actions fortes soient initiées pour leur confiscation.

Karfa Gnanou a insisté sur la nécessité pour les dirigeants de la Transition de déclarer leurs biens
Karfa Gnanou a insisté sur la nécessité pour les dirigeants de la Transition de déclarer leurs biens

Face à la fuite des capitaux et aux éventuels transferts de fonds, le REN-LAC, par la voix de son chargé de plaidoyer, Bruno Kéré, propose d’actionner les instruments juridiques internationaux, notamment la Convention des Nations-Unies contre la corruption mais surtout, ceux de l’Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et l’initiative STAR (Stolen Asset Recovery Initiative).
Pour finir et réagissant à l’actualité, Karfa Gnanou du SBM, après avoir adressé ses félicitations aux forces de l’ordre et aux personnes qui ont œuvré à la saisie d’une importante quantité de canettes et produits alimentaires périmés, a souhaité que des poursuites en bonne et due forme soient entamées à l’encontre des commerçants «véreux» et en appelle au recouvrement de la totalité des chèques impayés dont la liste a été publiée récemment.
W. DAVY

Un commentaire

  1. Il y a vraiment de quoi s’inquiéter. Du changement de pouvoir à ce jour, gageons que bien des personnes ont pu protéger leurs richesses mal acquises loin du Faso. Et cela à cause de l’immobilité relative du CNT. On a l’impression même que cela n’est pas important. C’est exactement de la même façon que cela se passe pour les hommes du régime de B. Compaoré qui s’agitent politiquement dans des pays voisins sans que nos gouvernants actuels ne poussent un grand coup de gueule afin que les pays d’accueil les empêchent de nous nuire plus tard.

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