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Ville de Pô dans la province du Nahouri: la journée du 12 octobre 2021 était très chaude 

Le mardi 12 octobre 2021 était un jour chaud pour les habitants de la ville de Pô. Une altercation entre militaires et civils a entrainé un blocus de la route nationale numéro 5 reliant Ouagadougou et le Ghana. Tout est parti d’une dispute entre le mari d’une femme travaillant dans une station d’essence de la place et un jeune militaire de la garnison. Cette mésentente a conduit à des bastonnades de civils par un groupe de militaires. Une réunion d’urgence convoquée par le haut-commissaire Ram Joseph Kafando assisté de l’honorable Daouda Azoupiou et les forces vives a permis de désamorcer cette tension. Le Chef d’état-major général de l’armée de terre, le colonel major Gilles Bationo était à Pô dans la soirée pour s’entretenir avec les autorités locales afin d’apporter des solutions à cette crise.Tout est parti le dimanche 10 octobre 2021. Selon Maimouna Derra née Ouédraogo épouse de Souleymane Ouédraogo agent d’une station d’essence de la place, elle était descendue de travail à 23 heures. C’était son jour d’anniversaire et son mari avait apprêté tout pour la fête. Devant la boutique de son époux, deux jeunes soldats passaient. Ils ont sifflé en vain, personne ne répondant, ils ont fait demi-tour et se sont dirigés vers elle qui était en compagnie de deux de ses collègues. Pour madame Ouédraogo, sa photo étant sur le profil de sa collègue lui souhaitant joyeux anniversaire, un d’eux l’a aperçue et a demandé pourquoi, ils n’ont pas été invités. Sa réponse était la suivante, «comme vous êtes là, vous êtes invités». C’est en ce moment que son époux lui a fait appel dans sa boutique pour récupérer les boissons. Celui-ci la poursuivit en saisissant sa main. Elle répliqua de laisser sa main. L’attitude du militaire irrita son époux qui lui donna un coup de tête. Le militaire riposta et fracassa son portable et c’est parti pour une dispute. L’homme de tenue a été copieusement battu par les parents de Souleymane Ouédraogo qui étaient devant la boutique.  « Cette même nuit mon mari et moi sommes allés à la gendarmerie vers 22h40 pour poser une plainte malheureusement les gendarmes ont refusé de leur ouvrir les portes » a-t-elle ajouté.

C’est le lendemain 12 octobre qu’ils ont pu pour formuler leur plainte. Selon elle, la gendarmerie leur a recommandé de résoudre le problème à l’amiable. Ainsi ils se sont dirigés à la garnison où ils ont été reçus par le lieutenant SOW. Celui-ci leur a demandé pardon et ils ont accepté nous a-t- elle signifié. A leur grande surprise vers 22 heures, ils sont revenus en grand nombre pour bastonner son mari et de nombreuses autres personnes avec 11 blessés avec une femme enceinte qui a été évacué à Ouagadougou.  En réaction, la population a bloqué la route nationale reliant le Ghana au Burkina Faso. Les forces vives avec à leur tête le haut-commissaire Ram Joseph Kafando, le député Daouda Azoupiou ont durant plus deux heures de négociation ,ont  pu obtenir   la levée du blocus. Les jeunes ont exigé la prise en charge des blessés, le recensement et le dédommagement des victimes, l’affectation des fautifs dans les 48 heures et une procédure judiciaire contre eux.  C’est la soirée que le chef d’état-major de l’armée de terre le colonel Gilles Bationo en compagnie d’une forte délégation est venue apporté son soutien aux malades et décliner les mesures disciplinaires prévues.

Jean AOUE

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